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Les 10 histoires à retenir de la London Fashion Week (LCM)


Chez J.W. Anderson le roi Dagobert n'a pas mis sa culotte à l'envers.
J.W. Anderson SS17
Avec Agi&Sam les têtes de mouche se tiennent à carreaux car sinon attention aux tapettes. 
Agi&Sam SS17
Fort d'ironie, Craig Green rivalise d'imagination. Après le coup de la chemise arrachée chez AirFrance, le créateur met à l'honneur le tailoring chahuté. On n'en a pas fini avec les cours de recrée.
Craig Green SS17
Triple jeans, double mojito : lovers direct. 
Christopher Shannon SS17
 Chaud et humide : la pool-party de Miami (bitch)
Sibling SS17
C'est un thon? Mais non je te dis : c'est un barracuda...
Katie Eary SS17
La Strip Pyjama Party (SPP pour les intimes) the new concept for 2017. Thanks Xander Zhou <3 p="">
Xander Zhou SS17
Et merde, c'est maman qui va être contente : Jeremy Scott est aller faire les soldes chez Desigual. #angoisse.
Moschino SS17

"Le mec trop cramé qu'il est bourré"
Topman SS17
A Aladin il faut bien lui astiquer la lampe pour voir le génie sortir. Bobby qui le dit !
Bobby Abley SS17

Que dit Le programme MAN pour le printemps été 2017?


Le programme londonien MAN est une initiative conjointe entre l’enseigne Topman et l’organisme Fashion East permettant, derrière une organisation sans but lucratif, d’offrir un emplacement et une visibilité de choix en plein coeur de la Fashion Week masculine de Londres. Les concepteurs, au nombre de trois chaque saison, sont sélectionnés par un panel d’acheteurs, de stylistes et de journalistes croyant à leur potentiel. Chaque saison, ces jeunes créateurs reçoivent une bourse, la production technique de leur défilé et le soutien et les conseils d’experts pour les aider à lancer leur marque. Créé par Lulu Kennedy dans les années 2000, le show MAN est depuis 2005 inscrit dans le calendrier officiel de la Fashion Week masculine de Londres et à permis de lancer les carrières de J.W. Anderson, de Craig Green ou plus récemment de Wales Bonner. Normal donc que le défilé suscite toutes les envies et qu’il soit scruté au microscope. 

Pour cette saison printemps-été 2017, Charles Jeffrey a foulé le podium de MAN avec sa griffe Loverboy pour la seconde fois. L’occasion de rappeler sur les devants de la scène les codes excentriques du clubbing londonien dont le créateur est lui même acteur puisqu’il dirige en parallèle son propre club. C’est alors que, sous un parterre de fleurs, la silhouette flirte entre les genres et les époques. Corsage et cotte de maille s’assemblent ainsi derrière des looks à la taille cintrée et à la dramaturgie finement orchestrée. Un chaos symbole de revendications où les manches sont tailladées, et les découpes « zigzagées ». Les allusions à la femme des années 50’s se donnent au corps masculin dans un regard de drag queen couture bien naïf. Le défilé se veut un savant mélange éclectique de références à la mode masculine et féminine à travers les siècles dans une déchéance du dandy qui de denims peinturlurés et shorts à breloques insuffle une nouvelle virilité.

Créatrice chinoise basée à Londres, Fen Cheng Wang, également présélectionnée dans la liste des 23 créateurs de la troisième édition du Prix LVMH a présenté une première collection basée sur l’idée de la connexion et de la connectivité à l’ère numérique. Si la technologie n’est pas pour autant mise à contribution, la créatrice préfère suggérer les liens dans des finitions élastiques ou l’utilisation de cordages pour resserrer les relations entres les pièces et le corps. Elle retravaille ainsi des pièces iconiques tels les bombardiers ou les shorts dans une vision d’avant garde rappelant les prémices de Graig Green, le coté monastique en moins. Le nylon devient ainsi le nouveau IN et transforme dans des jeux de resserrages la silhouette dans de nouvelles proportions où l’allure streetwear joue avec les volumes pour des propositions totalement nouvelles.

Petit nouveau également de la saison, le suédois Per Götesson, diplômé du Collège Royal d’Arts de Londres surfe quant à lui sur la vague des nineties pour séduire. Avec huit uniques silhouettes, la collection fait plus acte de capsule mais met le denim au centre de la création dans des coupes amples à l’allure bien désinvolte. Les pantalons trainent ainsi sur le podium et les finitions sont brutes parfait même franches. Seul le jersey vient sporadiquement calmer le pas mais les jeux de drapages, assez lourds, martèlent le corps dans une dureté aussi froide que les chaines et anneaux qui accessoirisent le corps. Avec cette vision assez conceptuelle du vestiaire, Götesson se place comme un démolisseur reconstructeur de cette réalité qui fait notre quotidien.

London Fashion Week Fall Winter 2016 : les 5 éléments à retenir


Alors que New York vient de refermer les portes de sa semaine de la mode, c’est au tour de la capitale britannique de reprendre le flambeau et d’ouvrir la sienne. Avec 5 jours entièrement consacrés aux 83 créateurs réunis, autant dire qu’il n’y a pas de quoi chômer ! Alors, on se lance et on décrypte les 5 temps forts de cette deuxième étape dans la Fashion Week de l’automne hiver 2016. 

Alexander McQueen, le retour
On avait l’habitude de croiser Sarah Burton chaque saison à Paris où elle investissait bien souvent le Conciergerie pour présenter ses collections, mais c’est désormais chose révolue. La directrice de la création délaisse ainsi les podiums parisiens pour revenir, le temps d’une saison, à son historique Londres. Et après plus d’une décennie d’absence (14 ans pour être précis), la maison signe une ligne à la Valentino : romantique et féérique. On y retrouve beaucoup de broderies, de détails et de délicatesse, dans l’idée d’explorer les paysages de nos rêves, entre fantaisies et cauchemars, là où la beauté s'achève et la vanité commence. Sous une certaine insouciance bien calculée, Sarah Burton offre ainsi à l’esprit McQueen un instant de lumière dans un monde historiquement bien obscur. 

Le western Katrantzou 
Pour l’hiver 2016, la collection de la créatrice grecque Mary Katranzou siffle telles les balles de Clint Eastwood, symbole du grand Ouest, tout en s’appropriant l’idée futuriste de « Cowboys & Aliens » de Jon Favreau, où un vaisseau spatial débarque dans les États-Unis de 1873. Devenant ainsi une véritable cowgirl, la femme qu’elle façonne plonge dans une ambiance à la fois vintage et futuriste où les motifs font acte de maîtrise mais dont les intarsias n’évoquent pas moins un léger soupçon de déjà vu. 

The Climate Revolution by Westwood 
Créatrice anglaise de renom, Vivienne Westwood n’en est plus à son coup d’essai et son dernier défilé fait une fois encore écho de ses convictions et de son engagement politique aussi sulfureux que bienfondé soient-ils. Utilisant comme personne le podium en guise de tremplin, chaque défilé fait office de manif’ en faveur de la défense de l’environnement. Rythmé par des slogans, son vestiaire, toujours inscrit dans un imaginaire punk, multiplie le mélanges des genres et le métissage des cultures derrière des pin’s à messages allant de « Climate Revolution » à « Intellectuels Unité ». Vivienne Westwood prouve ainsi, encore une fois, à ceux qui ne l’aurait toujours pas compris qu’elle n’est pas prête de lâcher l’affaire. 

Mulberry : un nouveau départ sur les podiums 
Pour son premier défilé au sein de la marque emblématique So British, la bien nommée Mulberry, Johnny Coca, encanaille la silhouette et coupe ses robes nuisettes dans des tissus lourds pour mieux les associer à des chemises en mousseline en guise de contraste. Le créateur espagnol fait acte de sa maîtrise des proportions dans une ambivalence bien rock, rappelant la diversité des rues du tout Londres et son histoire avec des références shakespeariennes. L’allure est sombre, mais éclairée de touches de couleur savamment apposées en guise de détails. Mais c’est bien dans une phrase expliquée dans la note d’intention que cette première collection, si attendue, se résume : « La modernité prend ses racines dans le passé ».

Fashion East : le talent avant tout 
Véritable bijou Londonien, l’organisme Fashion East accompagne trois jeunes créateurs dans l’organisation et la présentation de leurs premières collections. Une aide non négligeable pour faire valoir leurs univers et leur créativité. L'organisme s’occupe pour l’hiver 2013 de Richard Malone et Caitlin Price pour une deuxième et troisième saisons respectives ainsi que d'Amie Robertson, nouvelle créatrice en liste. 
Premier à montrer son travail, Richard Malone a littéralement submergé le podium de rayures bleues et blanches. 

Caitlin Price opte d’avantage pour une féminité déstructurée. Les asymétries font légion et le corps, un atout de séduction. On le laisse donc se dévoiler dans une atmosphère aussi sportswear qu'urbaine. Top bustier en satin rose et pantalon surbaissé, la femme Price est de sortie. 

Clôturant le bal, Amie Robertson impose une véritable force de caractère à son vestiaire. Dans une certaine rigueur la femme y développe une sensualité faite de satin et de fleurs, où les rayures sur soie marquent le corps de couleurs. Déstructurée aux passages de quelques silhouettes, la créatrice repense les rayures habituellement façonnées pour des blazers masculins, pour mieux les travailler sur des robes longues et jupes crayon. Ne manque plus qu’une petite touche florale en cristal et l’instance fatale se présage.

Faustine Steinmetz : la fibre au coeur

Avec sa collection spring-summer 2016, Faustian Steinmetz colle les morceaux du quotidien pour créer des vêtements à la poésie bien déconstruite. 

La jeune créatrice, connue pour son travail de finitions notamment sur le denim, travaille à nouveau le jean comme matière semi première dans sa dimension, recyclé pour réinventer une ligne plus sportswear avec joggings et polos à la clef. Son approche du denim fait naitre une nouvelle matière, hybride, pliée et déchiquetée en recyclant de vieux jeans : la démarche semble ainsi devenir une véritable signature symbole d'un engagement envers une démarche plus responsable et le monde de demain. Un engagement plein de détermination qui conduit la créatrice vers une véritable auto determination révélatrice de la recherche constante qui caractérise ses silhouettes. 

Inspirée par des artistes de renom comme Salvador Dali ou l'américain Joseph Kosuth, Faustine Steinmetz marque le fondamental du quotidien dans son vestiaire. L'art qui mute et transfigure les objets familiers s'attarde ainsi sur le vêtement pour lui donner une impression de vivant. La créatrice fait vivre la matière dans des dérives troublantes, aux méandres torturés mais plein de délicatesses. Ces influences tirent sur le tissu et jouent sur les longueurs alors que la fibre façonne les vêtements dans une 3 dimensions révélatrices. 


The best collections from London SS16

Gif by Dazeddigital

C'est comme si on y était tome II : Londres LCM SS16

Il fut un temps que même les moins de vingt ans ont connu où la semaine londonienne de la mode masculine n’était que le petit frère boutonneux que devait se trainer inlassablement la Fashion Week destinée aux femmes. Mais la maturité fait acte de bienfaisance et voit depuis 2012 l’événement voler de ses propres ailes transformant par la même occasion le vilain crapaud en véritable prince charmant.

Ni homme, ni femme : la mode
Cet enthousiasme quelque peu féérique se retrouve dans la magie créative du trio Cozette McCeercy, Joe Bates et Sid Bryan à la tête de Sibling. Dépassant habituellement les frontières du vêtement, les trois designer combinent la force d’un quarterback à la frivolité d’une cheerleader. Si la saison s’ouvre sur des silhouettes bien trompeuses où l’homme se cache derrière des costumes, il repasse vite aux vestiaires pour enfiler jockstrap et exhiber ses pompons. Fidèle à son univers, la maison fait acte d’ingéniosité, détournant les lacets pour resserrer un pantalon ou former un semblant de cravate. Outrancière mais divertissante, la silhouette fait revivre une nouvelle culture identitaire du sexe masculin entre comédie et jeux hyperboliques. Preuve en est que la mouvance métrosexuel est en phase de devenir une valeur sûre. Si Burberry aime ainsi expérimenter les broderies et les effets de dentelles dans son vestiaire, J.W. Anderson est sûrement LE créateur permettant de sortir du placard. Son ambivalence est le fruit de son succès et son mutisme « rétro-moderniste » l’outil de nos envies. Eprise d’un certain futurisme, la collection exprime quelque chose de profondément personnel où l’artisanat se fait un bien précieux à protéger dans une contrée stellaire. En apesanteur l’homme éblouit de sérénité.
Sibling SS16

Burberry SS16
J.W. Anderson SS16
La parenthèse asiatique
Si la Fashion Week masculine londonienne cherche à orienter sa marche vers la Chine, elle n’a pas attendu pour présenter le travail de créateurs originaires d’Asie. Xander Zhou officie ainsi à la LCM depuis ses débuts et lie avec parcimonie le costume occidental aux détails plus traditionnels de son pays natal. Le printemps 2016 marque cependant un certain tournant dans son approche. Le recourt à des motifs orientaux est désormais pleinement assumé et accentue cette volonté de lier les deux continents vers une mode unifiée. De son coté, Zhe Shangguan, demi finaliste du LVMH Prize 2015, et créateur du label Sankuanz fondé en 2008, applique la recette inverse. Il utilise des costumes ethniques traditionnels chinois sur lesquels il applique des graphismes métaphoriques en référence aux graffitis. Quelqu’en soit la recette, le menu fait acte de cette mondialisation.
Xander Zhou SS16
Sankuanz SS16
Un homme sans limite
Bien perché également, KTZ se la joue mécano barjot avec plastique à gogo. Sous forme de Mario Bros du futur, l’homme Kokon To Zai rivalise de matières techniques pour se défaire de sa salopette. L’énergie sexuelle qui en ressort est palpable, on a presque l’impression d’entrer dans une forme de fétichisme éprit d’hyper futurisme. Une mode de rue au style comme étendard. Plus fleur bleue, Katie Eary immisce l’homme dans un pays merveilleux fait de couleurs pastel et de petites mèches rebelles. Les années 70 façon Petit Poney, attention toutefois aux dégradés.
Si le contact avec le robot spatial Philae a dernièrement été rétabli, il en est de même avec l’univers de Bobby Abley qui quitte le monde des Disney pour rester dans la lune. Allures de Jedis et références à Star Wars en force, il ne manquerait plus qu’il nous annonce qu’il est notre père...
KTZ SS16
Katie Eary SS16
Bobby Abley SS16