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Les douze coups de l'ANDAM 2016


Ils sont au nombre de douze ; ils sont jeunes, ils sont beaux, et ils sont les nouveaux finalistes du concours de l’ANDAM. 

Pour la petite histoire, que l’on répète annuellement, l’ANDAM a été créé en 1989 par Nathalie Dufour, à l’initiative du ministère de la Culture et de la Communication afin de « repérer les talents émergents de la création contemporaine et de leur offrir à travers son prix, les moyens d’exister, de défiler et de développer leur manque durablement en France, assurant ainsi le dynamisme de la scène parisienne de la mode. » Une mission en toute simplicité qui d’années en années n’a de cesse donc de dénicher et de soutenir inlassablement les créateurs de demain pour soumettre leurs travaux au jury, qui se voit présidé cette année par Geoffroy de la Bourdonnaye, Président - Directeur général de Chloé. 

Alors après le couronnement de Sébastien Meyer et Arnaud Vaillant pour Coperni en 2014 et le sacre de Léa Peckre, Stephane Ashpool (Pigalle) et Charlotte Chesnais en 2015, cette 27ème édition voit en douze jeunes créateurs le potentiel gagnant. Ainsi dans la compétition pour le Grand Prix on retrouve Wanda Nylon, Aalto, Koché, Jacquemus, Tim Coppens et OAMC. Le Prix des Premières Collections se tourne vers Atlein, Kenta Matsushige, et Harmony Paris alors que le Prix Accessoires embarque pour une deuxième année consécutive Hugo Matha aux cotés d’Amélie Pichard et Tomasini Paris. Le verdict ne tombera pas avant début juillet. 
Wanda Nylon FW16
Aalto FW16
Koché FW16
Jacquemus FW16
Tim Coppens FW16
OAMC FW16

Atlein FW16
Kenta Matsushige FW16
Harmony Paris FW16


Hugo Matha
Amélie Pichard
Tomasini Paris

Fashion Week Parisienne : merci l'élixir de jeunesse


Entre Paris, Milan, Londres et New York, c’est bien souvent à la capitale britannique que l’on assène le pouvoir d’avant garde de la jeune création, mais à l’heure de multiples rebondissements dans le milieu, avec notamment l’avénement du "see now, buy now", la donne serait en train de changer et Paris catalyserait à nouveau l’attention pour la jeune garde qu’elle accueille.

Si la première maison qui illustre parfaitement le scénario présent est Vêtements, c’est sûrement aussi pour le boulevard que le collectif de créateurs a ouvert sur la place Parisienne. En seulement trois collections, la maison est devenue l’un des fleurons du hype Parisien par son attitude grunge et désinvolte, donnant un sérieux coup de neuf sur les podiums et propulsant nos vestiaires dans la rue plutôt que derrière une vitrine. La barrière est franchie et le miroir brisé : la mode aujourd’hui c’est le street.
Vêtements FW2016
Et l’engouement n’est pas près de s’éteindre de sitôt. Devenu une véritable icône de cette nouvelle génération, Demna Gvasalia a dernièrement été propulsé au rang de directeur artistique de l’illustre Balenciaga alors que d’autres noms, pour certains encore intimistes, ne cessent de gravir les échelons sur les devants de cette désormais nouvelle scène Parisienne. Venus de l’Est, le russe Gosha Rubchinskiy, ou l’ukrainienne Julia Paskal réaffirment ainsi la coolitude de l’ère post-soviétique derrière, pour l’un, une ribambelle de jeunes mecs en joggings et pour l’autre une féminité percée au laser. De son côté, Glenn Martens transforme Y/PROJECT vers un vestiaire toujours plus street et enviable. Sa première collection 100% féminine présentée lors de la dernière Fashion Week ne fait d’ailleurs que confirmer la donne et l’engouement ardent pour le jeune créateur, pourtant un brin réservé.
Y/Project FW2016 
Dans la même lignée ultra street, Christelle Koche, retenue pour le prix LVMH 2016, fait elle le pari d’un vestiaire androgyne tout droit sorti d’une rave party des années 90’s. De quoi devenir accro et concorder avec le visage plus alambiqué d’Anne Sofie Madsen dont la féminité déglinguée fait ravage. Et à l’image d’une soirée qui s’éternise, l’esprit clubbing de Lea Peckre s’invite aussi à la fête et perpétue, à coup de matières folles, la vague 90’s qui se déferle sur nos vestiaires. Mais avant que la nuit ne cesse, Francisco Terra de Neith Nyer clôt la semaine parisienne sous l’étau d’une femme loup garou croqueuse de mélanges.
Neith Nyer FW2016
Le doux mélange de cet élixir de jeunesse ? Une mode au visage bien street et aux intonations indéniablement artisanales car oui, le vêtement n'habille désormais plus uniquement ; il doit avant tout faire de l’effet pour donner sens. L’esthétique urbaine devient ainsi une forme d’appartenance où les attitudes, coupes et matières sont le moteur de cet imprésario révélateur de talents. La nouvelle génération est donc là ; dans la rue et s’accapare les podiums en guide de manifeste.

L'esprit clubbing de Léa Peckre Fall Winter 2016


Aux nuits souvent plus longues que les lueurs diurnes, l’hiver 2016 de la créatrice française Léa Peckre fait de ces instants nocturnes un nouveau lieu d’élégance. 

Clubeuses invétérées, les filles de Léa Peckre parcourent la nuit comme une nouvelle religion. Passant de clubs en soirées sous forme de pèlerinage, la nuit devient leur nouveau spot d’expression. Et si le défilé a lieu au Palais de Tokyo on s’envole vite sous les coups du béton brut et des sons électro' à l’after de la veille pour se retrouver quelque part aux confins de la nuit. 

Looks ultra sombres contre blancs immaculés : les battles de soirée sont assurés. Riche en contrastes, la créatrice use donc des contraires pour mieux faire revivre la subtile sensualité qui la caractérise depuis ses débuts. Les tissus se juxtaposent ainsi tels le tulle stretch avec le vinyle ou la maille pour mieux façonner cette idée bien être. C’est un fait ; les opposés s’attirent jusqu’au lever du jour dans des silhouettes adeptes de sneakers à scratch, de piercing au nez et de demi-queue de cheval. Les références aux années 90’s sont bien là, tiraillées entre rigueur assagie et instincts nocturnes. N’écoutant plus que ses envies, les robes, jamais assez courtes, remontent un peu au détour des frasques de la soirée. Les décolletés, eux-même séducteurs, se veulent d’un nouveau genre pour jouer de paire avec les jambes. Ici on ne drague pas mais on suggère en guise de clin d’oeil à cette féminité re-dessinée dans des proportions élargies retravaillées sur des pantalons et manteaux d’hommes. On croise ensuite entre deux sonorités une robe en tulle qui embrasse le corps pour mieux flirter des regards. Des froufrous de cuir se greffent sur le jersey alors que les transparences respirent de liberté et quand vient l’aube, on se regarde ; placardé sur les robes "il est 5h du matin". On fonce prendre le premier métro. 
On retiendra : la sensibilité à fleur de peau de la créatrice qui incarne à nouveau l’esprit de cette nouvelle génération riche de talents. 
La pièce sublimatrice : outre les pantalons éclaboussés de lumière néon, les chemises à froufrous et manches tombantes.