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Walter Van Beirendonck Spring Summer 2016

Les lycéens ont beau plancher sur les épreuves du baccalauréat, Walter Van Beirendonck met la vie de classe à la mode pour revenir, l’esprit léger, sur le folklore de ces années perdues.

Intitulée « Electric Eye », cette nouvelle collection sonne en raisonnance avec la saison dernière. Lui qui aime inculquer plus qu’une vision ; un message dans ses collections donne aujourd’hui de l’importance à la vidéosurveillance et questionne, à sa façon, sur le bienfondé de l’opération. Le regard est partout. Sous forme de trompe-l’oeil ou d’effets plus subtils, on n'échappe pas à sa surveillance et aux dérives totalitaires qui parfois l’accompagnent. Dans son opposition et ses multiples revendications, Walter Van Beirendonck n'en oublie pas le coeur de son expression : le vêtement et le façonne non sans caractère.

Construire et reconstruire est une véritable devise chez Walter Van Beirendonck qui excelle en l’expression d’un univers des plus excentriques de la Fashion Week Parisienne. Chaque création fait l’objet d’une découpe et d’une recherche pour accompagner, de la manière la plus juste possible, l’expression même de sa poésie. Pour le printemps-été 2016, la saison s’ouvre sur des costumes parfaitement taillés, peut-être même trop sobrement pour du Walter, jusqu’à ce qu’apparaissent clairement les effets abstraits de superpositions asymétriques. Chacun pourra y voir ce que bon lui semble. Pour certains c’est une guitare, pour d’autres la statut de la liberté… mais après tout c’est peut-être plus symboliquement l’âme de notre enfance que l’on conserve chacun enfoui au fond de soi... 

Quoiqu’il en soit, les models avancent, chapeaux visés sur la tête, et laissent s’exprimer de plus en plus une magie bien enfantine autour des imprimés. Gros poids façon braille, petites voitures ou formes géométriques; leur récurrence donne une certaine naïveté à la ligne. Tel l’enfant en constante surveillance, la société doit elle garder un oeil sur chacun de ses sujets?

Au delà de l’attrait philosophique de son travail, Walter Van Beirendonck aime l’aspect ludique de son travail. Les vestes en cuir multiplient les asymétries de couleurs pour plus de faste et les costumes se redéfinissent derrière des couleurs de joie et des formes de vissages. De cette philosophie, les couleurs sont virtuoses et les matières substance de mélanges. Les pantalons se font larges et à motifs alors que les vestes s’accommodent de jacquards en prenant les formes de visages aux yeux caches tétons. Plus discrets, les effets de transparences et les T-shirts en latex donnent l’impression d’une peau nue bien mystérieuse. En guise de final, les regards se portent sur de tonitruants couvre-chefs à plumes conçus comme les précédents par Stephen Jones, qui laissent réfléchir sur ce que l’on tend à surveiller et sur ce qui attire au final notre attention lorsque l'on conduit cette surveillance. Attention donc aux apparences…
On retiendra : la naïveté et l'esprit quelque peu Bowie de la collection.
La pièce sublimatrice : les vestes classiques aux motifs enfantins et les T-shirts en latex.


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