Lui qui a présenté pour la première fois sa couture à Paris en juillet 2012, sait marquer, à travers ses propres collections, l’esprit très luxueux de ce monde particulier de la mode, par la vision parfaitement unisexe, géométrique et transformable de ses créations. Par « lui » on entend bien sur le créateur québécois Rad Hourani, qui en débutant il y a tout juste 5 ans aura réussi le pari d’un début de carrière fulgurant.
Ce quatrième défilé couture est une nouvelle occasion pour lui d’affirmer le caractère intemporel et anticonformiste de son travail. Au delà des tendances, ses créations oeuvrent pour une neutralité parfaitement maîtrisée. Hommes et femmes arrivent ainsi sur le podium dans des silhouettes à l’uniformité flagrante. Les seuls éléments qui se détachent sont les proportions toujours très carrées des silhouettes qui s’articulent dans un nombreux incalculable de découpes, d’empiècements et de superpositions. Des incontournables chez Rad.
Le corps se cache ainsi derrière des manteaux volumineux, drapés, et ceinturés sur la taille dans une forme de noeud. Omniprésentes ces créations s’accaparent pleinement la silhouette. Tellement qu’elles en deviennent les pièces maitresses de la saison. Inconditionel du noir, le créateur ne s’en passe définitivement pas, mais ponctue sa collection de quelques touches plus nuancées avec l’apparition d’un vert toujours bien sombre. Seul un tweed métallique vient apporter une petite note de lumière sur ces silhouettes bien rigides. Pour ce qui est du reste, les pantalons sont noirs et droits et les chaussures à talons carrés. Deux formes classiques chez Rad qui deviennent le symbole de basiques à ne jamais manquer.
Inscrite dans un schème intemporel, la collection est en accord avec les saisons passées et ne montre pas le signe d’un nouveau tournant dans l’univers du créateur. Pourtant le travail si structuré de ses silhouettes donne une approche plus personnelle au corps. Précurseur d’un uniformisme contemporain l’évolution de son travail et minutieuse et de longue haleine.
On retiendra : l’esprit toujours très noir, droit et unisexe de la collection.
La pièce sublimatrice : les vestes vertes foncées.