Après neuf jours de présentations, la Fashion Week de Paris s'est clôturée le 7 mars dernier avec le défilé de Lie Sang Bong. Accueillant les noms des plus prestigieuses maisons du monde de la mode, Paris a ainsi laissé s'exprimer pas moins d'une centaine de créateurs. En accord ou en désaccord avec les grandes tendances vues à Londres et New-York, Paris révèle lui aussi tout un lot de surprises et de tendances incontournables.
Pour cet hiver 2012/2013, les créateurs ne lésinent pas avec les noirs et les blancs. Dominants, ils s'expriment activement dans de multiples maisons. Même si
Elie Saab ou
Hexa by Kuho leur préfèrent le gris, on retrouve cette pratique de la monochromie chez
Devastée avec des effets un peu enfantins, chez Balmain dan un jeu de perles et chez Felipe Oliveira Basptista qui explore des graphismes très animaliers. Pour son premier défilé à Paris,
Masha Ma expérimente, elle aussi, ces couleurs venues tout droit des films des années 50, comme le font si bien ses homologues
Nicolas Andréas Taralis,
Aganovich et
Moon Young Hee.
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| Images Droite et Gauche Elie Saab / Centre Hexa by Kuho |
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| Images Droite et Gauche Balmain / Centre Devastée |
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| Images Droite et Gauche Felipe Oliveira Basptista / Centre Masha Ma |
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| Images Droite et Gauche Nicolas Andreas Taralis / Centre Moon Young Hee |
Comme à Londres ou à New-York, Paris offre une place importante à la couleur orange. Que ce soit de manière discrète, grâce à des touches de maquillages, comme chez Dries Van Noten, ou de façon plus explicite sur le dressing, comme chez
Allude ou Rue du Mail, on retrouve cette couleur de manière assez récurrente dans les collections. Sonia Rykiel, Givenchy et
Issey Miyake en témoignent.
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| Image Gauche Dries Van Noten / Centre Allude / Droite Rue du Mail |
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| Image Gauche Givenchy / Centre Issey Miyake / Droite Sonia Rykiel |
Extravagance parisienne oblige, bien que les oranges soient bien représentés, on observe aussi une belle envolée des verts. On en retrouve en ouverture du défilé Kenzo ou dans des teintes plus pâles chez Chanel. Hermès le porte sous forme de capes et Lanvin l'applique plutôt dans des motifs floraux et des fourrures. Outre les grandes maisons, d'autres créateurs tels que Talbot Runhof présentent eux aussi des pièces de verts vêtues.
Corrado de Biase le fait d’ailleurs dans une ambiance assez bourgeoise, tandis que le créateur montant
Anthony Vaccarrello le dresse dans des robes verts émeraude aux ports très courts.
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| Images Gauche et Droite Kenzo / Centre Chanel |
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| Image Gauche Lanvin / Centre Talbot Runhof / Droite Hermès |
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| Images Gauche et Droite Anthony Vaccarrello / Centre Corrado de Biase |
Apparaissant comme un compromis entre le coté très sobre de la monochromie et le côté plus dynamisant de la couleur, les créateurs font parfois le choix d'opter pour des couleurs nudes. Elles se portent chez
Damir Doma,
Steffie Christiaens ou encore
Sharon Wauchob par exemple.
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| Images Droite et Gauche Damir Doma / Centre Steffie Christiaens |
Assagis, les imprimés opèrent d'un certain recul dans le vestiaire féminin. Dries Van Noten les applique dans des thématiques japonisantes à travers parkas, manteaux et pantalons. Rochas mise plutôt sur des critères vintages alors que d'autres tels que
Fatima Lopes, ou
Cunnington & Sanderson jouent de symétries. Radieuse, on soulignera la qualité des imprimés mis en avant lors du défilé
Carven. Une véritable addiction esthétique. On admire également le travail aux connotations naturelles de la rafraichissante collection Kenzo.
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| Dries Van Noten |
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| Image Gauche Fatima Lopes / Centre Cunnington & Sanderson / Droite Rochas |
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| Carven |
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| Kenzo |
Proches des imprimés, les broderies se font royales et contredisent la crise. Balmain ou
Guy Laroche en font le très bon exercice. Véritablement chic.
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| Images Droite et Gauche Balmain / Centre Guy Laroche |
Au niveau des matières, Paris ne déroge pas à la règle et signe en la domination du cuir. On en retrouve en total look ou en petits empiècements de manière systématique dans l'ensemble des collections. Seule Stella McCartney réfute cette matière par conviction. Loin de cette idée, Yves Saint Laurent utilise avec outrance la matière dans ce qui est le dernier défilé du créateur Stefano Pilati. Givenchy suit la tendance en optant pour une vision aux effluves gothiques et à la sensualité dramatique. Choix de collection plutôt particulier dans son rendu. On lui préfère celle de Kenye West.
Arzu Kaprol opte pour cette matière afin de recouvrir le corps de sa femme guerrière et Costume National alterne le cuir mat et verni dans des jupes et pantalons aux découpes efficaces et droites. Hakaan et
Pedro Laurenço le colorent enfin pour lui offrir plus de dynamisme.
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| Yves Saint Laurent |
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| Images Droite et Gauche Givenchy / Centre Kenye West |
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| Images Droite et Gauche Costume National / Centre Arzu Kaprol |
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| Images Droite et Gauche Pedro Laurenço / Centre Hakaan |
Hiver oblige, la fourrure est elle aussi présente mais de manière plus discrète que l'hiver passé. On lui préfère la maille que l'on retrouve aussi bien en simple pull qu'en totale robe. De ces matières apparait un jeu de superpositions très important. On retrouve ainsi de magnifiques exemplaires de mailles chez Kenzo,
Allude,
Jean-Charles de Castelbajac ou
Agnès B.
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| Image Gauche Allude / Centre Jean-Charles De Castelbajac / Droite Agnès B |
Dans une vision de modernité, les créateurs n'en oublient pas le néoprène, qui depuis quelques saison ne cesse de s'imposer. On en retrouve de façon marquée chez Lanvin ou Comme des Garçons qui l'appliquent à des coupes très sensuelles.
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| Images Droite et Gauche Comme des Garçons / Centre Lanvin |
A l'inspiration volatile, les collections se parent de plumes et de références très ornithologiques.
Jean-Charles de Castelbajac en fait son symbole dans l'utilisation iconographique de l'aigle royal tandis que d'autres créateurs comme Gareth Pugh, Alexander McQueen ou
Peachoo Krejberg en utilisent le plumage. Louis Vuitton ou Zuhair Murad en font de même, tout comme
Alexis Mabille. Dans des matières plus rigides, John Galliano et
Manish Arora en font la représentation dans des vestes aux mouvements infinis.
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| Images Droite et Gauche Alexander McQueen / Centre Gareth Pugh |
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| Images Droite et Gauche Manish Arora / Centre John Galliano |
Fait marquant de cette Fashion Week ; le recours à des références très "Urban Style". Dans des couleurs très pop art,
Manish Arora nous invite véritablement à l'art de rue et sensibilise à son esthétisme certain. Jean-Paul Gaultier l'appose également sur des T-shirts et débardeurs extra larges. Vanessa Bruno quant à elle le pose sur des sacs cabas.
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| Manish Arora |
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| Jean-Paul Gaultier |
D'un point de vue général, Paris impose la robe. Courtes ou longues, elles deviennent les pièces maitresses des collections. Mises en superpositions, elles structurent la silhouette en jouant sur les longueurs et les volumes des vestes, manteaux et chemises.
Corrado de Biase, ou
Chloé en montrent bien le principe. Remède contre le froid, les cols roulés seront de parfaits alliés. Maison Martin Margiela le montre et l’appuie parfaitement. Niveau accessoires, les bottes et bottines seront in et à porter en accompagnement de sacs de tailles réduites avec une bandoulière très longue. Pièce inévitable, la ceinture est un élément central. Qu'elle soit longue, fine ou en bijoux, elle marque la taille comme nul autre. A utiliser sous toutes ses formes donc...
Images via Vogue.fr and by me