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Le bataillon romantique de John Galliano Fall Winter 2016


Pour l’hiver 2016, la discipline du créateur britannique Bill Gayten plonge la maison Galliano dans une drôle d’époque où les intonations victoriennes et les motifs militaires habillent la silhouette d’une ultra féminité au romantisme accéléré. 

Dès le début du show l’intonation militaire de la saison est donnée sous le préau du lycée Carnot. La musique celtiquo-électro de Paul Morris fait ainsi vibrer la cornemuse et transporte l’hiver au delà de la Manche. Si le créateur en profite succinctement pour rendre hommage à son pays, il accompagne surtout la femme Galliano dans sa quête de renouveau et l’encourage à frapper du poing, baskets aux pieds afin de mieux s’affirmer. 

Avec ses vestes galons col lavallière des débuts, ses longues robes en mousseline décolletés empire et ses pantalons boyish, le vestiaire de l’hiver use de l’excellence des contrastes pour mieux matcher entre la dureté de ce corps d’arme et la douce fragilité qui écume derrière ces silhouettes. A cela les jeux de transparences, très présents, confirment l’audace du vestiaire qui dans une certaine monotonie s’applique à développer les mouvements autour de volumes. L’ire romantique ne s’en fait que plus forte et les gros manteaux aux épaules marquées le bouclier. Non sans rappeler Mylène Farmer dans son clip "Pourvu qu'elles soient douces", Bill Gayten se veut l’investigateur d’une mode recentrée sur des pièces de caractère. 

A même d’une féminité retrouvée, les longues robes vaporeuses, tantôt drapées ou asymétriques, insufflent un regard séducteur qui redonne confiance en l’imaginaire Galliano. Une collection symbole de mélanges qui se cherche encore une destinée mais qui semble au regard des nouveautés faire preuve d'un volontarisme plus contemporain. Et si les influences militaires restent bien lourdes, il faut d’avantage se porter sur les transparences pour retrouver le caché romantique tant désiré. 
On retiendra : la dualité romantico-militaire de la ligne. 
La pièce sublimatrice : les tops transparents en dentelle.

John Galliano Spring Summer 2016

Après une courte absence dans la Fashion Week Parisienne des saisons passées, la maison John Galliano reprend la route des podiums avec une identité nouvelle, fraiche et contemporaine. Bill Gayten, ancien assistant du créateur britannique d’origine, lui ayant succédé à son départ, marque ainsi une nouvelle étape dans l’air Galliano en exprimant définitivement ses marques. 

Moins théâtrale que jadis, la maison retourne à ses racines en explicitant un glamour empli des références de son histoire. La femme Galliano mixe ainsi entre couture et culture punk pour parfaire son dressing d’une touche de caractère. L’uniforme devient un étendard de choix alors que les jeux de transparence explorent une fluidité plus actuelle. A la croisée des temps, le dressing marque son amour des époques sur une silhouette voulue romantique et féminine. 

Très sombre, la collection est une allégorie à la rigueur que Bill Gayten aime opposer à cette envie de séduction, que l’on retrouve dans le choix des coupes et matières. Longues robes vaporeuses en mousseline brodée, sentiment de lingerie et décolletés plongeants se confrontent ainsi, non sans résultat, au tempérament plus affirmé et masculin des blazers carrés et parkas en mailles parfaitement coupées. Les détails prennent quant à eux le parti de la délicatesse avec des perles et dentelles minutieusement apportées ou de l’extravagance avec des hauts de forme très British, clin d’oeil au Londres historique. 

Si l’on a tous encore en souvenir l’excentricité assez sauvage de John Galliano lorsqu’il était à la tête de sa propre maison, Bill Gayten offre lui une mode certes plus assagie mais toujours aussi sexy en guise de variante. La tournure plus contemporaine que suis ainsi la maison, donne un visage plus jeune en guise de nouvelle clientèle. 
On retiendra : l’allure de petit soldat, ultra sensuelle.
La pièce sublimatrice : les robes longues transparentes.