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Les 10 histoires à retenir de la London Fashion Week (LCM)


Chez J.W. Anderson le roi Dagobert n'a pas mis sa culotte à l'envers.
J.W. Anderson SS17
Avec Agi&Sam les têtes de mouche se tiennent à carreaux car sinon attention aux tapettes. 
Agi&Sam SS17
Fort d'ironie, Craig Green rivalise d'imagination. Après le coup de la chemise arrachée chez AirFrance, le créateur met à l'honneur le tailoring chahuté. On n'en a pas fini avec les cours de recrée.
Craig Green SS17
Triple jeans, double mojito : lovers direct. 
Christopher Shannon SS17
 Chaud et humide : la pool-party de Miami (bitch)
Sibling SS17
C'est un thon? Mais non je te dis : c'est un barracuda...
Katie Eary SS17
La Strip Pyjama Party (SPP pour les intimes) the new concept for 2017. Thanks Xander Zhou <3 p="">
Xander Zhou SS17
Et merde, c'est maman qui va être contente : Jeremy Scott est aller faire les soldes chez Desigual. #angoisse.
Moschino SS17

"Le mec trop cramé qu'il est bourré"
Topman SS17
A Aladin il faut bien lui astiquer la lampe pour voir le génie sortir. Bobby qui le dit !
Bobby Abley SS17

LCM Fashion Week en 10 silhouettes (et 2 accessoires)

L’année est à peine commencée que le top départ des défilés 100% masculin destinés au vestiaire de l’hiver prochain sort déjà sur les starting-block. Avec pas moins de 64 présentations et shows, Londres fait figure de bon éléve et ne cesse de captiver l’attention par la nouvelle génération de créateurs qu’elle met en avant. Devenue depuis 2012, un événement incontournable, la Fashion Week de Londres se prête ainsi au jeu de la tradition et de la provocation derrière des silhouettes plus insolites les unes que les autres. Si toutes ne peuvent être retenues, dix d’entre elles représentent le dressing parfait de l’hiver prochain.

Astrid Anderson modernise ainsi son vestiaire sportswear derrière une allure de guérilla urbaine. Doudounes overlarges et pantalons de jogging ultra chics donnent un tempérament plus habillé aux salles de sport alors que le pull à grosses mailles se porte rétréci pour l'atout sexe de la tenue. Le tout dans des coloris militaires pour donner le pas. 

L'inspiration militaire est elle aussi bien présente chez Craig Green, qui continue l'expérimentation de son vestiaire vers une dimension plus couture que portable au quotidien. Tel un puzzle, la silhouette se construit de bandes de cuir et de satin et confirme la mouvance japonisante de son univers. De ce soupçon d'improbabilités apparaît ainsi, sans compris, un homme mystérieux ampli de philosophie. 

Retransmi en direct sur l'application ultra gay Grindr, le défilé de Jonathan Anderson sait faire parler de lui bien avant l'heure. L'enfant prodige de Londres continue de façonner toujours plus quand bien même on remarque un certain essoufflement. Les imprimés cartoon et futuristes fusionnent ainsi derrière des manteaux d’hermine dépoussiérés pour mieux oser les contrastes. Pleinement impliquée dans les mutations de notre quotidien induites par les progrès technologiques, Anderson décuple les références et connecte les différences. 

Dans un autre style, Sibling rentre sur le ring pour mettre KO la mode. Le duo britannique à la tête de la maison imagine de véritables combattants inspirés de la boxe et de la culture populaire des années 80. Gros manteaux inspirés des peignoirs ou longues jupes portefeuilles à médailles ; une chose est sûre : chez Sibling on aime les jambes nues. 


Alors que James Long s’apprête à reprendre la direction artistique d’Iceberg à Milan le jeune créateur rend un hommage très pop à ses héros londoniens. Retour aux sources pour le designer qui continue cependant de faire évoluer son label vers une attitude toujours aussi jeune et fun que les saisons passées. Manteaux en peau de moutons, pulls à paillettes brossés et pantalons en denim peint à la bombe : tout l’attirail d’un look urbain à l’opulence arty. 

Trés intimiste et bien légère, la collection de Christopher Shannon n’est discrète que sur la forme. Petits shorts et vestes courtes, l’homme Shannon semble sortir du lit et peut se préoccuper de sa silhouette complète. Le confort et la simplicité sonnent comme les maîtres mots pour ce vestiaire aux tenants sportswear et aux déclinaisons très patchwork. 

Graces Wales Bonner, qui a décroché le titre de créatrice émergente dans la catégorie « mode masculine » lors des derniers British Fashion Awards de novembre, a fait son entrée dans la fashion week londonienne avec une collection éclectique qui saura rivaliser pour retenir au maximum l’attention. A la signature africaine indéniable, la collection réinvente la notion de style pour opposer à notre vision occidentale une approche plus colorée et texturée du vestiaire. Avec des silhouettes intentionnellement maladroites, la créatrice impose ainsi une conception ultra particulière où les frontières entre le masculin et le féminin n’existent plus vraiment pour mieux laisser les détails faire part d’originalité. 

Autre participant du programme Man, Charles Jeffrey dévoile une collection à la fois colorée et sombre, provocante et touchante, où les adeptes des soirées londoniennes les plus crazy investissent le podium. Du maquillage aux mélanges de couleurs et textures, le vestiaire se joue des décennies passées pour mieux nous parler du genre. Entre visage punk, insouciance bohème et virulence grunch, la collection affiche un homme nouveau où l’ombre de Bowie plane bien malgré lui pour un hommage involontaire mais poignant.

Dans la même lignée qu'Astride Andersen, Nasir Mazhar confectionne depuis ses débuts un vestiaire ultra sportswear à l'arrogance urbaine quil aime pour la saison conjuguer en noir exclusivement. Assujetties à beaucoup de textures, plis et autres formes sculptées, ses silhouettes brouillent les cartes avec des pièces féminines, des références hip hop et des chaussures fans de métal. 

Rock et désinvolte, l’homme Xander Zhou prône la diversité tant dans la vie de tous les jours que dans son vestiaire. Et si le jogging se porte avec des santiags, les manteaux et trenchs se permettent toutes les folies. Des manches fourrure, aux asymétries et couleurs clinquantes la saison est multiple à l’image des facettes de cet homme où sa sensibilité se confronte aux textures. 


Au delà des looks l'importance des accessoires n'est plus à prouver pour assurer à la silhouette l'élégance qui est la sienne. Et Londres n'est pas en reste en la matière. Place à deux coups de coeur à ne surtout pas oublier:
Pour les chaussures on ira chez Cottweiler pour leur coté improbable. On déteste les crocs mais là on aime le clin d'oeil. Du mauvais goût au service du bon sens.

Pour les bijoux on le dit de saisons en saisons mais Alan Crocetti est la valeur sûre pour des pièces d'exceptions. On adore et on en redemande sans cesse.
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C'est comme si on y était tome II : Londres LCM SS16

Il fut un temps que même les moins de vingt ans ont connu où la semaine londonienne de la mode masculine n’était que le petit frère boutonneux que devait se trainer inlassablement la Fashion Week destinée aux femmes. Mais la maturité fait acte de bienfaisance et voit depuis 2012 l’événement voler de ses propres ailes transformant par la même occasion le vilain crapaud en véritable prince charmant.

Ni homme, ni femme : la mode
Cet enthousiasme quelque peu féérique se retrouve dans la magie créative du trio Cozette McCeercy, Joe Bates et Sid Bryan à la tête de Sibling. Dépassant habituellement les frontières du vêtement, les trois designer combinent la force d’un quarterback à la frivolité d’une cheerleader. Si la saison s’ouvre sur des silhouettes bien trompeuses où l’homme se cache derrière des costumes, il repasse vite aux vestiaires pour enfiler jockstrap et exhiber ses pompons. Fidèle à son univers, la maison fait acte d’ingéniosité, détournant les lacets pour resserrer un pantalon ou former un semblant de cravate. Outrancière mais divertissante, la silhouette fait revivre une nouvelle culture identitaire du sexe masculin entre comédie et jeux hyperboliques. Preuve en est que la mouvance métrosexuel est en phase de devenir une valeur sûre. Si Burberry aime ainsi expérimenter les broderies et les effets de dentelles dans son vestiaire, J.W. Anderson est sûrement LE créateur permettant de sortir du placard. Son ambivalence est le fruit de son succès et son mutisme « rétro-moderniste » l’outil de nos envies. Eprise d’un certain futurisme, la collection exprime quelque chose de profondément personnel où l’artisanat se fait un bien précieux à protéger dans une contrée stellaire. En apesanteur l’homme éblouit de sérénité.
Sibling SS16

Burberry SS16
J.W. Anderson SS16
La parenthèse asiatique
Si la Fashion Week masculine londonienne cherche à orienter sa marche vers la Chine, elle n’a pas attendu pour présenter le travail de créateurs originaires d’Asie. Xander Zhou officie ainsi à la LCM depuis ses débuts et lie avec parcimonie le costume occidental aux détails plus traditionnels de son pays natal. Le printemps 2016 marque cependant un certain tournant dans son approche. Le recourt à des motifs orientaux est désormais pleinement assumé et accentue cette volonté de lier les deux continents vers une mode unifiée. De son coté, Zhe Shangguan, demi finaliste du LVMH Prize 2015, et créateur du label Sankuanz fondé en 2008, applique la recette inverse. Il utilise des costumes ethniques traditionnels chinois sur lesquels il applique des graphismes métaphoriques en référence aux graffitis. Quelqu’en soit la recette, le menu fait acte de cette mondialisation.
Xander Zhou SS16
Sankuanz SS16
Un homme sans limite
Bien perché également, KTZ se la joue mécano barjot avec plastique à gogo. Sous forme de Mario Bros du futur, l’homme Kokon To Zai rivalise de matières techniques pour se défaire de sa salopette. L’énergie sexuelle qui en ressort est palpable, on a presque l’impression d’entrer dans une forme de fétichisme éprit d’hyper futurisme. Une mode de rue au style comme étendard. Plus fleur bleue, Katie Eary immisce l’homme dans un pays merveilleux fait de couleurs pastel et de petites mèches rebelles. Les années 70 façon Petit Poney, attention toutefois aux dégradés.
Si le contact avec le robot spatial Philae a dernièrement été rétabli, il en est de même avec l’univers de Bobby Abley qui quitte le monde des Disney pour rester dans la lune. Allures de Jedis et références à Star Wars en force, il ne manquerait plus qu’il nous annonce qu’il est notre père...
KTZ SS16
Katie Eary SS16
Bobby Abley SS16

Xander Zhou Fall Winter 2015

Le carton d'invitation au dernier show de Xander Zhou en disait déjà beaucoup sur la collection de l’hiver 2015. Avec des cow-boys en noir et blanc et l’intitulé « Wild West », il était évident que l’iconographie américaine devait être au rendez-vous. La crainte d’y retrouver le revival d’un homme venu tout droit du Far West était bien là, mais cela était sans compter sur la modernité du créateur et sa capacité de réinterprétation...

Dès la première silhouette, l'ambiance western est présente. Sans en devenir pesante, bien au contraire, cette source d’inspiration apporte une véritable narration aux créations. L’homme Xander incarne un véritable cow-boy des temps modernes. Le créateur décuple pour l'occasion l’influence des détails sur la silhouette pour mieux la renchérir. Un simple coup d’oeil ne permet certainement pas de les dénicher tous autant qu’ils sont. Les franges reprennent du galon en oubliant les effets "rideaux" et soulignent, d’une vision plus aérée sweats, vestes zippées et pantalons. Discrètes, elles en deviennent presque amusantes. Les poches over-larges traduisent d’avantage de fonctionnalité, alors que les noeuds, noués à la taille, donnent une pointe d’ironie plus féminine et pourtant terriblement séductrice.

En complément, le denim se porte brut ou déchiré, le cuir se familiarise en chemises ou sur de longues vestes à empiècements, et la fourrure s’apprivoise sur un sweat et autres vestes aux effets de nuages colorés. Loin d’en rester là, le créateur d’origine chinoise a conçu également des vestes tressées qui rappelle la fabrication artisanale de sacs. Les caractères chinois que l’on retrouve apposés dans la collection témoignent de la réflexion et du processus de création de la ligne. C’est également un moyen plus personnel pour le créateur d’impliquer dans son travail la culture qui est la sienne, tout en se remémorant ses études sur la peinture traditionnelle chinoise. La rigueur de la collection et l’exigence en terme de travail qu’elle nécessite sont les chevrons porteurs d’une réussite notable. Preuve s’il en fallait encore une de la réussite de cette collection ; Xander Zhou arrive même à nous donner envie de porter des bottines façon santiags.

Portable tout en ayant son niveau de complexité, la collection redonne vie à un homme du Far West trop souvent considéré comme un peu triviale. Son approche oscillant entre le monde occidental et ses racines orientales le pousse sans cesse à habiller un homme d’un nouveau genre dont on s'imagine déjà être...
On retiendra : la modernité et la technicité de la ligne, la richesse de ses matières, et ce Dallas complètement réinventé.
La pièce sublimatrice : les chemises nouées à la taille.