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C'est comme si on y était tome II : Londres LCM SS16

Il fut un temps que même les moins de vingt ans ont connu où la semaine londonienne de la mode masculine n’était que le petit frère boutonneux que devait se trainer inlassablement la Fashion Week destinée aux femmes. Mais la maturité fait acte de bienfaisance et voit depuis 2012 l’événement voler de ses propres ailes transformant par la même occasion le vilain crapaud en véritable prince charmant.

Ni homme, ni femme : la mode
Cet enthousiasme quelque peu féérique se retrouve dans la magie créative du trio Cozette McCeercy, Joe Bates et Sid Bryan à la tête de Sibling. Dépassant habituellement les frontières du vêtement, les trois designer combinent la force d’un quarterback à la frivolité d’une cheerleader. Si la saison s’ouvre sur des silhouettes bien trompeuses où l’homme se cache derrière des costumes, il repasse vite aux vestiaires pour enfiler jockstrap et exhiber ses pompons. Fidèle à son univers, la maison fait acte d’ingéniosité, détournant les lacets pour resserrer un pantalon ou former un semblant de cravate. Outrancière mais divertissante, la silhouette fait revivre une nouvelle culture identitaire du sexe masculin entre comédie et jeux hyperboliques. Preuve en est que la mouvance métrosexuel est en phase de devenir une valeur sûre. Si Burberry aime ainsi expérimenter les broderies et les effets de dentelles dans son vestiaire, J.W. Anderson est sûrement LE créateur permettant de sortir du placard. Son ambivalence est le fruit de son succès et son mutisme « rétro-moderniste » l’outil de nos envies. Eprise d’un certain futurisme, la collection exprime quelque chose de profondément personnel où l’artisanat se fait un bien précieux à protéger dans une contrée stellaire. En apesanteur l’homme éblouit de sérénité.
Sibling SS16

Burberry SS16
J.W. Anderson SS16
La parenthèse asiatique
Si la Fashion Week masculine londonienne cherche à orienter sa marche vers la Chine, elle n’a pas attendu pour présenter le travail de créateurs originaires d’Asie. Xander Zhou officie ainsi à la LCM depuis ses débuts et lie avec parcimonie le costume occidental aux détails plus traditionnels de son pays natal. Le printemps 2016 marque cependant un certain tournant dans son approche. Le recourt à des motifs orientaux est désormais pleinement assumé et accentue cette volonté de lier les deux continents vers une mode unifiée. De son coté, Zhe Shangguan, demi finaliste du LVMH Prize 2015, et créateur du label Sankuanz fondé en 2008, applique la recette inverse. Il utilise des costumes ethniques traditionnels chinois sur lesquels il applique des graphismes métaphoriques en référence aux graffitis. Quelqu’en soit la recette, le menu fait acte de cette mondialisation.
Xander Zhou SS16
Sankuanz SS16
Un homme sans limite
Bien perché également, KTZ se la joue mécano barjot avec plastique à gogo. Sous forme de Mario Bros du futur, l’homme Kokon To Zai rivalise de matières techniques pour se défaire de sa salopette. L’énergie sexuelle qui en ressort est palpable, on a presque l’impression d’entrer dans une forme de fétichisme éprit d’hyper futurisme. Une mode de rue au style comme étendard. Plus fleur bleue, Katie Eary immisce l’homme dans un pays merveilleux fait de couleurs pastel et de petites mèches rebelles. Les années 70 façon Petit Poney, attention toutefois aux dégradés.
Si le contact avec le robot spatial Philae a dernièrement été rétabli, il en est de même avec l’univers de Bobby Abley qui quitte le monde des Disney pour rester dans la lune. Allures de Jedis et références à Star Wars en force, il ne manquerait plus qu’il nous annonce qu’il est notre père...
KTZ SS16
Katie Eary SS16
Bobby Abley SS16

Milan & Londres au tableau d'honneur

Après la rentrée New-yorkaise, c'est maintenant à Londres et Milan de voir leur potentiels en bons et mauvais élèves. Après des évaluations plus que serrées sur un catwalk interminable, le conseil de classe s'est enfin prononcé. Entre félicitations, encouragements ou avertissements, les verdicts tombent et ne se ressemblent pas. Une année scolaire qui s'annonce des plus amusantes.

ASHISH 7/10. Grande ouverture d'esprit et perspicacité dans le travail. Très bon TPE de sensibilisation au Vitiligo. Continuez ainsi.
David Koma 8/10. Eleve moteur, David continue de monter le niveau de la classe. Perfectionniste, il excelle notamment en math où il sait se faire positivement remarquer.
Dolce&Gabbana 7,5/10 Le travail est notable et le sérieux redoutable. Bon trimestre mais attention à l'overdose.
Emilio Pucci 3,5/10 Ses vacances chez sa mère-grand le hante et se retrouvent dans son travail. Une séance avec un spécialiste serait à envisager.


Erdem 8/10 Discret, Erdem est quasi invisible en cours. Il explose cependant en Botanique où il s'accapare participation et réussite. Félicitation du conseil de classe.
Fendi 5/10 Bien que les débuts soient catastrophiques, la fin du trimestre relève le niveau et prouve que lorsque l'on veut on peut. Un peu de volonté donc!
Julien Macdonald 1/10 Pourrait être bon mais ne l'est pas!  Avertissement.
KTZ 5/10 KTZ devrait d'avantage apprendre ses cours d'histoire plutôt que de chercher à les imprimer sur son corps. Devant tant d'efforts KTZ apparait seulement comme une belle poterie.
Mary Katrantzou 9/10 Les réflexions de Mary sont intéressantes et le travail sérieux, continuez ainsi. Félicitation du conseil de classe.
Meadham Kirchhoff 7/10 Rebelle dans l'âme Meadham Kirchhoff ose l'impensable. Risqué mais pertinent. Continuez ainsi.
Missoni 3/10 Aura au moins compris la notion d'ensemble vide...  Déconcertant.
Moschino 8,5/10 Très bon trimestre malgré un comportement aguicheur et provocateur. On vous rappelle que les chewing-gum sont interdit mais les petites-culottes sont autorisées...
Nasir Mazhar 7/10 Heureusement que le sport existe, sinon Nasir serait perdu...
Peter Piloto 7/10 Un vrai artiste, l'art plastique lui réussi visiblement.
Philipp Plein 2/10 Philipp est déjà parti au soleil mais il n'a pas fait ses devoirs de vacances visiblement. Dommage.
Prada 5/10 Malgré une petite baisse de régime, le niveau reste bon et assure un trimestre encourageant. Attention à ne pas trop sombrer et vite se remettre au travail.
Roberto Cavalli 4/10 A trop confondre les matières entre elles, les résultats ne peuvent suivre. Les bonnes notes devraient être religion et non une exception comme actuellement. Avertissement.
Sibling 6,5/10 Bien qu'un peu "noeud noeud" Sibling sait amadouer son monde pour le mettre en poche.
Simone Rocha 8/10 Désinvolture courtoise ou nonchalance distinguée? Une chose est sûre, Simone raffole de philosophie. Encouragement du conseil de classe.
Versace 8/10 L'été a fait du bien à Donatella. On la sent épanouie et cela se retrouve dans son travail et lui vaut, pour une première, les encouragements du conseil de classe.

KTZ Spring Summer 2015 Collection

Devenue une véritable référence urbaine par son approche quelque peu excentrique, la célèbre maison KTZ s’inspire clairement de la mythologie grecque afin de façonner le vestiaire de son été 2015. Et autant dire que Marjan Pejoski voit les choses en grand. 
Perçu comme un véritable Dieu vivant, l’homme qu’elle habille s’assure d’une allure guerrière à même d’une certaine modernité. Tout de muscle conçu, cet homme arbore fièrement un look détourné pour mieux faire jaillir sa virilité. Spartiates aux pieds, il vogue ainsi avec sa cuirasse sur le dos et un petit air Versace, vers des silhouettes à la forte référence militaire. Les sacs deviennent des boucliers, les casquettes des casques et les vénus se portent autour du cou. Le véritable guerrier urbain qui en resort joue de son sexe appeal afin de mieux faire parler de lui. Exhibant fièrement son torse il expose à la vue de tous une certaine fierté et une assurance hors pair. 

Ce goût pour les références à l’antiquité se retrouve principalement dans les multiples imprimés de la collection. Entre fresques et symboles grecs, nous en perdrions presque notre latin… Poussée à ses extrêmes, l’inspiration de base trouve sa modernité dans l’esprit très sportswear de la collection. Toujours assez larges, les multiples tops, vestes, shorts et parkas que l’on retrouve laissent figurer le corps. Les matières sont également partie prenantes de cette modernité. Les effets de transparence et les jeux de légèreté donnent plus d’amplitude aux créations et accentuent le mouvement. Très graphique, la collection ne s’autorise au final que l’orange afin de rompre avec les éternels blancs et noirs. De cette neutralité naît ainsi un homme assuré et flamboyant osant exprimer une virilité excentrique et créative sous une forme athlétique des plus intenses. 
On retiendra : l’esprit fortement antique et la richesse des détails qui en découle. 
La pièce sublimatrice : les vestes orange.