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PFW : Y/Project Spring Summer 2017


A peine deux semaines après la crue exceptionnelle qu’a connu la Seine, Y/Project, finaliste du LVMH Prize 2016, fait le show sur un bateau. Symbole sûrement non commandité, certains y verront tout de même le clin d’oeil à une Fashion Week parisienne qui résiste et ne prend pas l’eau : la nouvelle garde est bien là. 

Fini donc le Gibus et son atmosphère revival de nos jeudi-vendredi-samedi-(dimanche) soir, Glenn Martens poursuit sa totale réinterprétation du vestiaire masculin dans le bateau du Maxim’s, célèbre référence parisienne réputée pour sa déco art nouveau. Lumière tamisée et ambiance feutrée : l’intimité des lieux souligne l’intensité des coupes. Finie l’ambiguité des saisons passées, l’homme Y/Project s’affirme enfin en costard. N’allez pas y voir une quelconque normalisation pour autant. L’homme Y/PROJECT de l’été 2017 se pavane chemise en flanelle et pantalon en Y. Avec son assurance bien mafieuse, son bagou de séducteur et sa dégaine de baroudeur, il cultive son côté gigi façon banlieues 80’s. Le costume devient ainsi objet d’extravagance pour un clinquant bien mordant. En rose, en ocre ou en bleu on renoue avec cette parenthèse façon Zoo Suit de notre histoire. Plus street, le jogging se fait technique alors que le denim, en veste ou en pantalon se la joue d’avantage underground avec des jeux de colorations et des boutonnages façon western. Ce n’est pas le perfecto en vachette qui dira le contraire mais à fleur de peau, l’homme Y/PROJECT se veut poète. Sous de fins morceaux de mousseline se glissent fleurs et feuillages en guise de cache coeur. Ne manque plus qu’une petite marinière pour rappeler le capitaine sur le pont et le tout est bouclé : ici, la croisière s’amuse et plutôt deux fois qu’une. 
On retiendra : l'esprit gitan à babouches.
La pièce sublimatrice : les pantalons aux coupes Y et chemises aux multiples découpes. 


Glenn Martens Fall Winter 2013 2014

Originaire de Bruges, Glenn Martens n'en finit plus de séduire les adeptes de la mode. Avec sa troisième collection, il oublie un peu ses inspirations gothiques et macabres et se tourne vers une dualité entre adulte et enfant. Mises en scène dans une atmosphère où la lumière joue un rôle prometteur, les mannequins apparaissent aveugles, renouant ainsi avec cette vision plus antipathique de la silhouette. L'esthétique ecclésiastique de la collection s'exerce, de là, dans l'ampleur des silhouettes qui habillent l'ensemble des looks. Cela se traduit par des robes T-shirt en satin, des robes cols ronds en double couche de maillages effet sport, ou encore des robes structurées telles des capes. Toujours emprunt de féminité, l'aspect nonchalant de la collection joue avec la sensualité du corps pour mieux laisser apparaitre décolletés et fentes dans le dos. On soulignera le petit détail du fermoir dans le dos qui, très moderne, donne un sens du détail fonctionnel. Les nombreux volumes, un peu loose, que le créateur utilise permettent d'appuyer l'impact des pièces plus structurées tels les vestes et manteaux qui marquent les épaules, soulignent la linéarité des bras ou cintrent plus simplement le corps. Aux apparences assez décontractées, les silhouettes sont sophistiquées et s'attachent toujours à rendre honneur à une femme encensée par la richesse culturelle de la ville d'Anvers. 
On retiendra : l'aspect épuré de la collection et sa palette de couleurs assez sombres et nonchalantes.
La pièce sublimatrice : La longue robe blanche en maille.