Du jean au total look
Si les studios de création uniquement dédiés aux jeanswear continuent de propager cet amour du denim, de multiples créateurs de mode s’approprient ponctuellement la matière pour faire renaitre le tissu sous de nouveaux angles. Du simple pantalon veste chemise façon Levi’s ou Marlboro, des noms comme Kenzo, Dior Homme, Stella McCartney ou encore Martin Grant ne cessent de propager parkas, trenchs, combinaisons ou autres pièces typiques de leur vestiaire en guise de renouveau. De cette vision bien commerciale, la véritable révolution de ces dernières années concernant le denim fait davantage preuve de profondeur et de recherches. Beaucoup moins connus que leurs pères, de jeunes créateurs émergeants, le plus souvent inconnus du grand public, se retrouvent dans les derniers concours internationaux de mode pour faire valoir leur refonte total du denim.
Penser le denim autrement
Cette nouvelle approche donne plus de sens au mot technicité. En retravaillant le tissage, la composition ou encore l’enrichissement de la toile, ces nouveaux noms de la créations offrent un visage nouveau à la matière. Pour la créatrice Faustine Steinmetz, découverte lors de LVMH Prize 2015, le travail du denim est pour elle l’occasion de s’opposer frontalement à la fabrication industrielle d’aujourd’hui, facteurs de pollutions et de trop-plein. Cette approche écologique du vêtement lui permet d’expérimenter, derrière son propre métier à tisser de seconde main, tantôt des créations en denim recyclé, tantôt des pièces qui l’évoquent en trompe l’oeil. D’un simple jean la Française, aujourd’hui installée à Londres, confectionne de véritable pièces de luxe uniques et responsables.
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| Faustine Steinmetz |
Cette volonté de s’attaquer aux codes du prêt-à-porter prend également écho dans les travaux de l’allemande Anna Bornhold, gagnante du prix Chloé lors du Festival de Mode de Hyères de cette année. L’approche artisanale de la silhouette qu’elle a présenté, recréé l’apparence d’un jean "pelucheux" derrière lequel se cache un travail minutieux, inspiré de liberté et de mouvement en guise de clin d’oeil plutôt subtile à l’émancipation de cette pièce devenue mythique. Dans cette quête d'authenticité, Alina Brane se réapproprie aussi la toile indigo, le temps d'une collection, derrière des costumes surfant sur le caractère brut de la matière et des effets de transparences, laissant apparaitre tout un jeu d’arabesques. Son travail répond à cette génération de créateurs qui détournent le denim pour aller de l'avant. Cette reconquête de la matière repousse les frontières, aiguise la technique et démantèle la vision classique des pièces en denim. C'est la qualité, la technicité et la créativité qui priment d'avantage. Fini la standardisation.
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| Anna Bornhold |
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| Alina Brane |
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| Marques'Almeida |










