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Hyères 2015 : les créateurs de demain


Pour obtenir des gagnants, il faut avant tout des concourants. Hyères ne serait rien sans les 10 finalistes annuelles que le festival accueille. Issus d’une sélection drastique parmi plusieurs centaines de dossiers, le simple fait d’être en finale de l’un des plus prestigieux concours international de mode est en soi déjà une victoire. Alors que les candidats, heureux d’un titre ou non, se le disent, ils n’ont peut être pas tous les honneurs mais ont déjà gagné une grande victoire et une visibilité certaine.

Si cette 30ème édition du Festival de Hyères s’achève avec des lauréats principalement issus de l’Europe du Nord, dont en tête la franco-allemande Annelie Schubert (Grand Prix Première Vision), l’allemande Anna Bornhold (Prix Chloé) et la néerlandaise Wieke Sinnige (Mention Spéciale de la Maison Chanel), les sept autres candidats ont su soumettre, à leur façon, leurs univers respectifs. Elina Määttänen, première à ouvrir le show, opte ainsi pour une silhouette chaude et déconstruite cachée derrière des jeux d’épaisseurs inspirés du concept japonais wabi-sabi. Le caractère assez audacieux et artisanal de son vestiaire souligne sa propension aux désordres et son amour des choses inachevées. Une vision assez différente de la jeune française Sophie Harand qui s’envole tel Icare au risque de se brûler les ailes. Son homme à l’allure de néo-gladiateur n’aura pu atteindre les cieux et subit la déconvenue d'un véritable remake de ce pauvre Icare, inspiration de la collection. A charge de revanche, son travail a su séduire un public large, notamment par la présence de ces énormes sacs à dos qui en feront rêver plus d’un.
On retiendra très certainement de cette 30ème édition du festival, l’imagerie pleine de muscles des "Rambo" et "Rocky" façon ex-URSS de Heini-Maria Hynynen & Elina Äärelä, l’humilité et l’élégance en grande simplicité d’Annelie Schubert, les accessoires stylés de Sophie Harant, le jeu de masculin-féminin de Christina Braun et de Guillem Rodriguez Bernat, l’effervescence des textures chez Anna Bornhold, la fraicheur de Wieke Sinnige, le caractère réconfortant d’Elina Määt tänen, et la flamboyance des couleurs et motifs de Sophie Salekari.

De toutes les manières, victoire ou non, comme le rappelle si bien Jean-Pierre Blanc, directeur et fondateur du Festival « tout ne s’arrête pas à Hyères ». Léa Peckre voit ainsi sa victoire de 2011 comme une façon de lancer sa marque mais aussi et surtout de conclure sa vie d’étudiante. Après c’est à chaque candidat d’exploiter ce moment comme il le désire pour en tirer parti d’un point de vue professionnel. Hyères n’est au final qu’une porte, à ouvrir avec franchise vers un lendemain.

Elina Määttänen


Anna Bornhold

Christine Braun

Heini-Marie Hynynen & Elina Äärelä

Sophie Sälekari

Sophie Harand

 Guillem Rodriguez Bernat

1 commentaires:

Je me reconnais dans la partie "Large public" qui a apprécié la collection de Sophie haha.
C'est intéressant d'avoir le point de vue de spécialistes de la mode pour pouvoir apprécier les autres collections et savoir qu'en penser, au-delà du côté esthétique :)

Julie