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Veronique Branquinho Fall Winter 2015

Ca commence par une sombre marche funèbre où le noir porte le deuil d’une lumière perdue le temps d’une saison ; mais au fil des jours qui se rallongent, la tristesse s’apaise, le noir s’atténue et la couleur renaît.

Présentée dans les murs d’une vieille bâtisse parisienne en cours de rénovation, la collection prend tout de suite une direction dramatique. Noir c’est noir, et le cuir devient le support idéal de cette mise en scène. Longs manteaux à l’allure de cape, jupes ultra profondes en accordéon plissé et pantalons à pinces font entendre la force de caractère de la ligne. La femme Branquinho n’évolue pas comme la douce et fébrile identité que l’on voudrait lui coller, c’est avant tout une personne d'un tempérament assumé, pleine de ressources et prête à revendiquer son pouvoir dans la société. Le coté battant de son vestiaire s’attache tout de même à développer une grande séduction en jouant sur des détails à la romance notable. De petits cols Lavalière cachent ainsi des pièces de lingerie et les jeux de transparences convertissent la silhouette vers une empreinte plus monacale. De ces dérives apparaissent ensuite le tweed et la couleur. Aux gris succèdent des teintes briques plus graphiques avant de laisser le monopole de clôture à des touches pastel qui redonnent, par leur présence, un véritable coup d’éclat à la silhouette. De la nuit vient le jour, plus libertaire, où se retrouve avec délicatesse la femme et la lumière.

L’univers assez modeste de la créatrice belge résonne à nouveau par la douceur des formes qu’elle développe pour habiller sa vision de la féminité actuelle. Sa sensualité se heurte à des cuirs intensément noirs avant de se retourner vers des tweeds plus habillés. De cette noirceur de l’âme revient une mélancolie aux couleurs excentriques développant des jaunes jonquille ou des verts anis. Plus en dynamisme, la silhouette reprend espoir dans les douces paroles poétiques d’Emily Brontë pour conclure au final sur une femme sensible à la carrure impérieuse.
On retiendra : l’entrée toute en noir et la clôture plus en lumière de la collection.
La pièce sublimatrice : les pulls aux encolures graphiques.

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