Chez Undercover, la surprise est l’une des composantes primordiales de chaque saison et alors même que le show n’est pas encore commencé, on se remet déjà en question dès avoir pénétré dans le sacro-saint des salons du Grand-Hôtel du Palais Royal. La vision du podium en contreplaqué qui trône au milieu de la salle en est bien le pendant. Sa finesse et sa forme triangulaire intrigue et suscite déjà l’intérêt mais les vêtements, nourris d’une certaine tension, reprennent vite l’avantage.
Sous une musique aux notes bien classiques, un certain suspense s’installe au fur et à mesure des passages. Telle une ligne conductrice, cette tension fait acte de réflexion. Aux vues des silhouettes, le questionnement est permanent tant les subtilités sont présentes. Avec un oeil quelque peu critique, ironique, voir plutôt humoristique, Jun Takahashi explore, façon Orange Mécanique, le sourire forcé derrière des masques en plastique, idéaux pour une petite chirurgie. Sincère ou cynique, la parenthèse plonge directement la collection dans un univers quelque peu inquiétant où l’on ne sait plus très bien si c’est un parti pris contre cette obsession que cultive notre société pour la jeunesse et la beauté ou si la femme Undercover s’arme de cette allégorie inquiétante pour braquer une bijouterie et en ressortir avec les grosses perles qu’on lui assimile aux oreilles tout le long du show…
A chaque regard il y a beaucoup à voir, prendre et retenir chez Undercover. Les premiers looks dévoilent ainsi une multitude de pièces fluides, comme plongées dans un hôpital. Les blouses deviennent des trenchs brodés d’un couteau, les pantalons, parfois entrecoupés à la jambe, sont contreplaqués de tulle et les chaussures, fascinantes, sont plus en accord avec un effet « moumoute ». De cette petite aparté au service psychiatrie, il s’ensuit des tenues plus disparates où l’on retrouve aussi bien des propositions looses avec bombers à l’appui, des assemblages de smockings drapés ou des vestes plastiques en écailles de tortue. La saison marque ainsi une certaine dualité entre la fascination d’une jeunesse éternelle et le vestiaire d’une femme dont le caractère vintage de ses bijoux témoignent de son histoire. De cette psychose naissante, le créateur exploite les contradictions et les incohérences. L’utilisation des visages peints par l’artiste Michaël Borremans, est pour lui un moyen subtil d’interpeller un dernière fois son prochain sur l’importance (ou non) que l’on peut donner à l’image de soi… Une mode pleine de philosophie, captivante par sa modernité et bluffante par sa sensibilité.
Avec une extravagance beaucoup plus maitrisée que les saisons précédentes, Jun Takahashi fait le choix d’un vestiaire de réflexion où la perfection du corps se retrouve davantage sur les vêtements. Chaque création devient le support d'un traitement psychologique où le surréalisme des propositions réveille en la femme Undercover une sensualité des plus enviables de la saison. Comme quoi les profondeurs de l’esprit humain peuvent être la source d’une immanquable créativité et faire oeuvre de génie...
On retiendra : le discours créatif de Takahashi et sa prise de position face à ce culte de la jeunesse.
La pièce sublimatrice : les bombers.
Undercover Fall Winter 2015
About author: Unknown
Cress arugula peanut tigernut wattle seed kombu parsnip. Lotus root mung bean arugula tigernut horseradish endive yarrow gourd. Radicchio cress avocado garlic quandong collard greens.
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)