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Fashion Week Séoul Spring / Summer 2012

C'est à plus de 8900 kms de Paris, très exactement à Séoul, que la mode s'est dernièrement déportée pour présenter la vision propre des créateurs asiatiques en ce qui concerne la saison printemps / été 2012. Fermant ses portes hier cette Fashion Week, à l'influence plus légère mais à l'intensité tout aussi créative, a mis en avant le travail d'une soixantaine de créateurs. Associant homme et femme au sein de la même semaine de présentation, il est primordial, selon moi, d'apporter une importance toute aussi grande à ces événements qui sont bien souvent synonymes de grandes émergences. A la différence des décryptages habituels, nous allons ici réaliser un petit retour en arrière sur ce qui y a été fait et voir les moments les plus forts de cette Fashion Week.

Loin des podiums européens certes mais en guise de rappel, on retrouve ici un grand nombre de collections déjà présentées soit à New-York ou encore à Paris. C'est le cas par exemple du travail très romanesque et minimaliste du créateur Kuho pour Hexa. Déjà vu à Paris, on retrouve la maison Moon Young Hee ou Songzio dont nous avons parlé lors des dernières Fashion Week. On retrouve aussi, à notre grand plaisir, la maison Lie Sang Bong. Ce dernier rappel sera l'occasion de revenir plus amplement sur la bonne surprise que fut cette collection lors de la Fashion Week Parisienne et donc forcément lors de cette Fashion Week de Séoul. Partant sur des tenues en cuir aussi minimalistes que réussies, la collection explose dans une ligne de couleurs où le design apporté aux pièces offre un visuel très moderne et graphique. Angoissant et philosophique à la fois, les traits modernes de la collection sont au final soulignés par des jeux de masques aux volumes duplicateurs. L'influence très créative de cette collection aura su par son originalité et sa singularité retenir toute notre attention. Il était donc temps de le souligner.
Lie Sang Bong
Dans un univers très diffèrent, à la fois cybernétique et classique, Kiok: grand nom de la mode en Asie propose un vestiaire où féminité s'allie avec assurance et fluidité. On retrouve ici beaucoup d'éléments semblables aux podiums européens. Beaucoup de légèreté dans les matières, un recourt aux imprimés naturels et des couleurs très pastel. L'originalité est plus présente dans les volumes que la créatrice offre à la collection. Aux larges épaules, on rencontre des tailles cintrées qui s'associent parfois à d'autres volumes au niveau des hanches et du dos. A la touche exubérante on retrouve une utilisation assez répétitive du cuir qui contraste avec l'aspect légèreté des robes longues. On notera le regard très symétrique des imprimés; élément fort appréciable.
Kiok
Kiok
Là où des maisons telles que Jardin des Chouettes, BigPARK, Choiboko ou encore Andy&Debb misent sur un peu de couleur; il est important de dire que le vestiaire féminin selon Séoul octroie d'avantage d'importance aux couleurs plus neutres telles le gris souris, le bleu nuit ou plus sobrement les noirs et blancs. On en retrouve souvent comme le prouvent RAD by Rad Hourani, ou encore The Studio K. 
Image de Gauche Jardin des Chouettes / Centre Choiboko / Droite Andy&Debb
The Studio K
RAD by Rad Hourani
S'accompagnant le plus souvent de lignes épurées, on retrouve dans ces collections toute la sagesse asiatique et le savoir faire technique que demande la réalisation de ces coupes. Un mélange de simplicité complexifié par une recherche esthétique profonde. Souplot Studio est le meilleur exemple avec la réinterprétation du kimono qu'il en fait.
Souplot Studio
A la touche plus décontractée, Kaal E.Suktae procède à un véritable mélange des genres. Jouant sur les éléments de transparences et les jeux de longueurs la créatrice cherche à rendre plus féminin des éléments jusqu'alors fort masculins. Vestes d'hommes se transforment ainsi devenant plus amples et plus légères. Seul les chapeaux restent en total contraste avec la collection. Véritable jeu de masculin féminin à la recherche d'un troisième sexe la collection sait harmoniser et jouer avec les grandes tendances.
Kaal E.Suktae
Au niveau des imprimés, même si on en retrouve par petites touches un peu partout, la palme de leur utilisation revient selon moi à trois créateurs. On retrouve ainsi Korea Heritage qui présente une multitude d'imprimés différents. Relativement sobre dans leur utilisation il habille ainsi aussi bien la femme que l'homme dans des tons très divers. Imprimés floraux, géométriques ou plus simplement psychédéliques sont ainsi au rendez-vous.
Korea Heritage
Au caractère très symétrique, Imsenoc propose des imprimés à la fois modernes et psychédéliques qui au travers des coupes très sobres suffisent à eux même. 
Imsenoc
Plus surprenant, la dernière maison: Hexa by Kuho, utilise des imprimés de manière assez marquante. En effet, tout le long du défilé on note une certaine retenue dans la collection, où rigueur et minimalisme s’entrechoquent jusqu'à l'arrivée des cinq derniers passages où, surprise, apparait tout un lot de robes aux nombreuses franges recouvertes d'imprimés. Effet de surprise plutôt bien orchestré...

Hexa by Kuho
Au niveau des hommes, on remarque deux grands ensembles: d'une part les créateurs que je qualifierais de plus classiques qui réinventent les traditionnels costumes polos et pantalons et d'autre part les créateurs inscrits dans une optique de découvertes vestimentaires au travers une quête identitaire.  

Cette première catégorie est amplement représentée par Beyond Closet, Roliat, Caruso ou encore Chan+ge by Lee Hyun Chan. Réinventant les classiques du vestiaire masculin, ces maisons le modernisent et jouent avec les bases d'un vestiaire bien établi. A la frontière entre ces deux catégories, le travail de MVIO est très intéressant puisqu'il propose un univers assez fou, piochant et associant des éléments classiques à d'autres complétement marginaux. On retrouve ainsi un jeu de matières et de couleurs plutôt pointu. Général Idea rejoint un peu cet état d'esprit.
Image Gauche Beyond Closet / Centre Roliat / Droite Caruso
Plus avant-gardistes, certains créateurs osent l’extravagance et l'expérimentation tant au niveau des coupes que des matières. Songzio le représente très bien, mais je donne cependant une mention plus particulière à la maison Resurrection. Associant modernité à une emprunte asiatique forte, on retrouve dans ces pièces une ligne sombre à la touche rock et grunch à la fois. Les coupes larges chevauchent du jersey, du cuir ou encore du néoprène pendant que les imprimés et quelques touches de couleurs (toujours électriques) s'associent pour plus de dynamisme... Une collection vaste aux débouchés infinis. 
Songzio
Resurrection
Resurrection
Loin de l'Europe et des jeux de chaises musicales dont s’amusent les maisons de créations avec leur designers, l'Asie, par l'intermédiaire de la ville de Séoul, impose joliment son expérience à travers des collections riches et inspirantes. Suivant les grands dictats de la mode, on retrouve des jeux de transparences et de longueurs qui s'expriment dans une simplicité qu'il est bon de dire moins intense qu'en Europe. Jouant sur les volumes, les matières, les plissages et les références, les collections s'aiment de créativité, parfois trop débordante ne donnant pas accès à une véritable ligne de conduite. Dynamique, Séoul n'a ainsi pas dit son dernier mot en terme de créativité.
Images by Inapad and Me 

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