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Le mercato mode de l'été

Bruits de couloirs, langues de putes et belles rumeurs ne comptent pas leurs heures. Que ce soit l’été ou non, rien ne les arrête vraiment et si nous sommes partis en vacances sur la nomination de Maria Grazia Chiuri à la tête de la maison Dior, les qu'en dira-t-on continuent de plus belle.
Dans la même lignée que les Feux de l’Amour, les nouvelles nominations et rumeurs de départ animent sans cesse le monde de la mode. Un suspense continu qui, façon bowling, n’épargne aucune quille quand bien même on s’appelle Albert Elbaz, Marc Jacobs ou encore Tom Ford. L’interrogation du moment concerne le soi-disant départ de Nicolas Ghuesquière de chez Vuitton après son défilé spring-summer 2017 d’octobre prochain. Pour le remplacer ? Autant prendre quelqu’un qui a déjà un poste ; sinon le jeu s’arrête. J.W. Anderson est donc pressenti pour reprendre la direction de la création féminine du mastodonte Louis Vuitton. Mais alors qui pour aller chez Loewe ? Mystère et bouboule de gomme… On vient de perdre la place vacante de Dior alors autant en retrouver une me diriez-vous. Mais dans ces certitudes de places vacantes ou non, le possible départ de Pier Paolo Piccioli de Valentino fait planer un "peut-être" et relance la roulette ; tout juste au moment où Raf Simons vient d’être nominé chez Calvin Klein ! Un jeu sans fin on vous dit !

L'indisensable de la semaine : RIZO le sac KENZO

 
Petit nouveau de la maison Kenzo, le sac à main Rizo fusionne style et fonctionnalité à tour de bras.
 
Toujours épris de voyage, la maison Kenzo inscrit sa différence dans une continuité entremêlée de cultures et civilisations différentes. D’un voyage en Asie, d’une rencontre en Amérique ; toutes les possibilités sont bonnes pour créer. Carol Lim & Humberto Leon en sont les tenants. Deux créateurs américains aux mains d’une maison française bien Asie Friendly ; il n’en fallait pas plus pour perpétuer efficacement cet appel d’ailleurs.

Inspiré des sacs de riz d’antan, le sac Rizo se veut sobre et épurée. Un certain goût de la pauvreté qui se cache derrière l’élégance des plissages et pliés lui permettant de tenir debout. Doté en plus de doubles sangles permettant de nombreuses possibilités, le sac devient un véritable objet du quotidien qui sait s’adapter et se rendre indispensable.

Versions mini, moyen ou cabas, chaque quotidien à son gabarit dans une gamme de couleurs contrastantes transformant son cuir italien derrière des touches de bleus et d’imprimés python, de gris et de lavande, de marron et de menthe ou encore de noir et d’imprimé python. A retrouver dans tous les magasins et sur le site de la marque.
 
 

Jeux de mains, jeux de vilains Collectif AUCUN


Encore discret mais présent bien partout, le jeune Collectif Aucun, fondé à Paris en 2015 se veut le reflet d’une philosophie au melting pot très néo-normcore. 

Avec une équipe composée de designers aux origines multiples, le collectif puise ses inspirations à travers le monde, vers ce qui différencie chaque contrée et ce qui les rapproche. De sous-culture en sous sous-culture, chaque expérience de la vie de tous les jours devient un phénomène sociologique à étudier, dénouer mais surtout exploiter. Si les tickets de caisse ou de métro auront ainsi marqué leurs débuts sur des pulls, leur seconde collection consacrée au printemps-été 2017 continue son impulsion singulière pour donner, dans des tons quelques peu japonisants, une intonation ultra street à ce vestiaire pourtant sobre mais décalé. AUCUN[2] met en évidence l’adolescence telle qu’elle est à travers le monde de façon actuelle entre intimité et excentricité. De quoi réhabiliter efficasement des pièces du quotidien avec des vestes faussement en denim, et des jeans aux détails en zip. À les croire, les défauts ici, il y en a AUCUN.


Rihanna signe chez Dior des solaires


Après avoir signé son dernier album en début d’année, Rihanna revient cet été en France pour une tournée mais aussi pour une solaire. Improbable mais vraie ! 

Elle qui sort bien rarement sans ses lunettes de soleil visées au nez, vient de trouver sûrement l’une des collaborations les plus légitimes de son palmarès. Idéales pour oublier les flashs des tapis rouge et ignorer les hordes de paparazzis, les solaires imaginées par Rihanna confirment l’influence de la chanteuse sur le monde de la mode. Elle qui fut l’égérie de la campagne Secret Garden IV en 2015 imprime une nouvelle note sur son répertoire français en collaborant directement avec la maison Dior. Et oui, Dior, Elle adore. 

Sobrement intitulées Rihanna, les montures se pavanent derrière de larges branches et contours métallisés. L’allure est sobre mais l’accent bien futuriste. On doit sûrement cela au jeu des couleurs qui de rose, vert, bleu ou doré fait acte d’une multitude de coloris tous métallisés. Idéale pour assurer d’un été cosmique tourné toujours vers le même astre de prédilection : notre beau et bon soleil. Et quant on sait que la monture s’inspire directement du personnage de La Forge dans la série de science-fiction Star Trek on se dit que pour la saison prochaine la Force sera peut être avec elle ?


G-Star Research with Aitor Throup


A l’occasion de la dernière Fashion Week masculine de Paris qui s’est déroulée du 22 au 26 juin dernier, G-Star RAW, l’immanquable « jeaner », a lancé sa toute nouvelle collection capsule G-Star RAW Research en collaboration avec l’artiste designer d’origine argentine Aitor Throup. 

Si le nom d’Aitor Throup n’est pas inconnu au sein des équipes G-Star c’est qu’il collabore avec la marque depuis plusieurs années déjà. Et au grès des saisons, la prise de risque de la marque dans sa constante recherche d’innovations ne fera que séduire d’autant plus l'artiste jusqu’à le conduire aujourd’hui à prendre part dans la création du laboratoire de recherches et d’innovations de G-Star à Amsterdam. La première collection G-Star Research est née.

Imaginée et conçue au sein même de ce laboratoire, la collection, tournée exclusivement vers l’expérimentation, se compose de vingt modèles dont le jean Rackam 3D et le bomber Rackam qui a la particularité de tenir au corps lorsqu’on l’enlève, grâce à un système de sangles. Avec d’un côté du denim rigide, brut et non traité et l’autre une version blanche, cette nouvelle parenthèse du vestiaire G-Star bouscule les codes dans la confrontation de la tradition et de l’innovation. La dualité du denim devient la base de la collection offrant cette multitude de déclinaisons aux pièces pourtant toute s confectionnées dans le même denim selvedge italien.

Avec un pied dans le passé et une jambe vers le futur, la firme Hollandaise transcende son ADN vers un progrès constant dont la faculté d’entreprendre couronne l’esprit novateur de la maison.

La collection capsule G-Star RAW Research sera disponible dans une sélection de concept-stores dès mi-novembre 2016.


PFW La trilogie des présentations homme Spring Summer 2017


En pleine semaine de la mode masculine, les défilés se succèdent inlassablement les uns après les autres, répétant le même schéma coercitif : déplacement, attente, show, applaudissement et on recommence. Il ne faut rien lâcher mais souvent, perdu entre deux horaires clefs, un paradigme plus calme se laisse apercevoir à qui veut bien le rejoindre ; les présentations, plus intimistes mais tout autant créatives sont, elles aussi, l’une des composantes majeures de n’importe quelle Fashion Week digne de ce nom. En plein Paris, petits créateurs et maisons confirmées font ainsi le choix d’une économie éclectique bien souvent plus esthétique qu’un véritable show. Trois d’entre elles ont marqué notre périple masculin : 

ACNE STUDIOS 
Dans l’ancienne bibliothèque du lycée Charlemagne, Johny Johanson l’iconoclaste créateur à la tête de la direction artistique nous rassure sur les interminables épisodes de pluies estivales. Il pleut à Paris, oui, mais en Suède le phénomène se porte à un degré bien supérieur. Occasion de rendre hommage à ses racines suédoises, le créateur nous invite à regarder par la fenêtre et songer à cette pluie battante qui frappe bien souvent la Suède en été. Voici l’inspiration choisie par le créateur. Son travail tourne donc naturellement autour du manteau de pluie ; un indispensable. Déconstruit dans un jeu d’éclectisme, il s’habille de popeline de coton rayée, habituellement utilisée pour les chemises, mais ici plastifiée et transformée en imperméable ultra léger. Les motifs rappelant les nappes traditionnelles suédoises se retrouvent en doublure d’un anorak en laine et soie caoutchoutée. L’atmosphère est quelque peu nostalgique avec cette bande de garçons assis sur leurs chaises dans l’attente et la réflection. Mais au delà du mauvais temps, c’est bien la beauté de la Suède que Johny Johanson souhaite transfigurer dans les couleurs, volumes et matières. Tout est pensé pour rester chic et élégant par temps douteux.


JULIAN ZIGERLI 
Dans une ambiance beaucoup plus street, Julian Zigerli invite une bande de skateurs à venir faire quelques figures en guise de démonstration. A la façon du film "The Smell Of Us" de Larry Clark, c’est au Dôme, derrière le Palais de Tokyo que ses boys and girls se retrouvent pour skater et s’amuser dans une fausse idée d’être désolés. Intitulée « Sorry » la collection ne veut l’être pour rien au monde et ironise sur notre capacité à nous excuser par principe social. Fort de ce constat Julian Zigerli préfère s’en amuser et crier à tue-tête qu’il est désolé sans l’être. Désolé de faire du skate en pyjama, désolé de sortir en slip, désolé de rider sur ton mur…. Dans le fond, il est sûrement désolé de s'en moquer. Il préfère l’insouciance de la jeunesse qui, la tête dans les nuages préfère surfer sur le bitume. Graphique, pleine de couleurs, d’humour et d’amour, la collection rend hommage aux enfants de la ville qui, tout sourire, se profilent dans la continuité populaire du phénomène "planche à roulettes". Du cool à l’état pur. 

SANKUANZ 
3.2.1, attention décollage. Pour la saison estivale 2017, Sankuanz nous transporte au septième ciel avec une collection ultra "Space Age" issue de la collaboration avec l’artiste Xu Zhen. L’invitation, une couverture de survie, en disait déjà long. Ce petit voyage sur Mars ne sera pas sans contrainte. Toute excursion en milieu hostile doit être préparée. La collection offre donc tout un panel de silhouettes nomades réinterprétant les combinaisons galactiques. Il ne manque plus qu’un casque pour le premier pas sur la Lune, mais le créateur d’origine Chinoise la joue plus fine et opte pour une dimension plus street. La casquette fera donc l’affaire. La couverture de survie répond à un nouveau rôle, devenant une veste ou une parka alors que les effets de transparence se succèdent dans un jeu de finesse permettant les superpositions. L’introduction de quelques touches de couleurs vives et de badges brodés réinterpétant les logos militaires et de la Nasa injecte la dimension ultra pop de la ligne jusqu’à devenir même très osé avec des « Suck my Dick ». On vous a bien parlé de septième ciel non ?