Au détour de la concorde, dans un appartement de haut standing le créateur acceuille et présente son travail aux multiples rendez-vous fixés dans la journée. Disposée autour de portants et animée avec deux mannequins, la présentation se veut tout aussi amusante qu’engagée, derrière le sourire bien hollywoodien de son concepteur.
Après avoir travaillé plus de 25 ans comme consultant-designer pour des maisons comme Bill Blass, Barneys, Guy Laroche, Agona, Escada, Wolford ou encore Céline, le créateur a eu le temps de faire l’amer constat du gaspillage qui s’exerce continuellement autour des matières premières du vêtement. Fort de cette conclusion, son approche tend à se différencier vers une mode plus éthique et fait pour cela le pari d'utiliser uniquement des chutes pour construire son vestiaire. Le recyclage devient ainsi une philosophie de création, au regard d’une mode plus durable.
L’origine multiple des matières explique le large éventail de pièces. Les peaux exotiques proviennent ainsi d’une usine de sacs à main en Italie alors que les tissus plus fins sortent des ateliers couture du designer hollandais Frans Molenaar. Pour le reste on a affaire à des pièces vintages complètement retravaillées, notamment avec des collages, pour créer une collection mêlant intemporalité et prêt-à-porter. Le drapeau américain s'affiche ainsi sur un jean alors qu’un gros rideau se transforme en une jupe taille haute fendue de manière irrésistiblement sexy. A travers l'assemblage de ces pièces, l'allure
se fait rock et introvertie au service d’une féminité libre et décalée.
On retiendra : le nouveau modèle de maison de luxe imposé par cette vision éthique et durable du vestiaire.
La pièce sublimatrice : les T-shirts customisés et les longues jupes fendues.












