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Christine Phung Fall Winter 2015

Chez Christine Phung, l’hiver 2015 est synonyme d’un ¨ on ne sait quoi futuriste ¨ qui révèle la femme derrière une flamme d’imprimés pixellisés, en souvenir d’une photo de fleur non réussie… De ce flou est née l’idée d’une femme affranchie de son passé qui, de son enthousiasme, aime explorer le futur sans complexe apparent.

Intitulée « Glitchologie », cette septième collection que nous livre Christine Phung se lit, entre plissés et couleurs, telle une ode au numérique. C’est de cette esthétique digitale qu’apparait la couleur, venant écraser le noir d’un hiver morose pour le remplacer par la gaité de teintes mauves et turquoise. A cela s’ajoute l’amour inconditionnel de la créatrice pour les plissés, qu’elle applique aussi bien sur des robes longues que des jupes ; l’essentiel étant d’apporter une touche de fluidité à cette féminité déjà bien engagée. Entre deux touches de couleurs apparaissent également des créations en tweed presque métalliques donnant un halo supplémentaire à la dimension numérique de la ligne. Cachée derrière son écran d’ordinateur, la femme Phung navigue aisément entre le virtuel et le réel pour investir un vestiaire taillé à son image.

« La femme que j’habille est une exploratrice » et en tant que telle, elle se doit d’investir « de nouveaux lieux et de nouveaux espaces ». Le caractère 3.0 de la saison devient donc inéluctablement graphique, surtout chez Christine Phung, sans pour autant devenir entêtant. Et c’est bien là toute l’élégance de l’exercice. Avec subtilité, cette femme contemporaine exprime son dynamisme, à la limite de la superactivité. Toujours en mouvement, elle se doit d’être confort dans ses baskets, qu’elle remplace volontiers par une paire de bottines. Le tailleur pantalon opte pour plus de souplesse et se transforme vite en jogging, les vestes restent tombantes et les robes souvent très fluides. Tout est en mouvement autour  

Sans excès, Christine Phung réalise à nouveau un travail de finesse où le traitement du textile appuie une portabilité certaine. Toujours à même de présenter un imprimé phare par saison, la jeune créatrice ne déroge pas à la règle et signe toutefois des looks moins forts graphiquement afin de s’adapter à toutes situations. Un beau compromis qui offre à la silhouette féminine une palette bien large de situations à l’image de l’infinité de l’esthétique numérique dont s’inspire la ligne.
On retiendra : la gamme de couleurs et l’innovation de certaines matières, tweeds métalliques et laine thermocollée en tête.
La pièce sublimatrice : la jupe lacée à la taille et la robe manteau grise


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