Une bourgeoise soudainement déclassée, n’apparait pas nécessairement comme la muse idéale mais c’est pourtant le choix d’inspiration du dernier défilé de Véronique Leroy.
Le climat social en France est tel qu’une certaine tension s’est installée dans la société. Assez intriguée par l’énergie et les codes véhiculés par cette angoisse permanente, la créatrice d’origine Belge tente de les réinterpréter à sa façon, en construisant le vestiaire estivale d’une femme déchue qui sauve les apparences afin de rester digne.
Pour exister aux yeux de tous, la femme Leroy s'arme ainsi d'une nonchalance bien austère. Les couleurs évoluent des classiques noirs aux teintes plus pétillantes d’un champagne rosé. Le bleu céleste ultra doux et les blancs naturels donnent une souplesse plus délicate aux traits très architecturés des créations. Les silhouettes longilignes intriguent mais ne révolutionnent pas le vestiaire. L’allure est épurée mais fait appel à des volumes plus libres, connotés sport.
Le caractère bien classique des coupes cintrées contraste avec l’approche plus graphique de la maille tressée dont on apprécie déjà l’exercice depuis plusieurs saisons. Contrecollée sur du denim, la silhouette y est immédiatement revitalisée. La modernité de la veste sans manche à fermeture éclair et de la micro jupe et chemise est imparable. Leurs attraits sont d’une évidence notoire.
La femme s’endort ensuite dans de longues robes en mailles reliéfées où seuls les détails des poches viennent contrecarrer l’allure profondément rigide, avant de revenir à des silhouettes plus élaborées en proposant des « taches » perforées sur tulle en guise de broderies. Les parkas zippées et les dentelles qui en suivent, terminent ainsi le show sur une note plus chic, fluide et ultra-graphique.
Pleine de subtilités aux résonances bien graphiques, la collection de Véronique Leroy s’aventure ainsi dans des contrées improbables et difficiles. Des silhouettes simplistes des origines, la créatrice incorpore par la suite des touches de modernité indispensables à son vestiaire, qui reste pour la saison assez banal mais toujours très élégant.
On retiendra : le choix des matières, les coupes assez rigides et architecturées mais surtout notre grande addiction aux mailles tressées.
La pièce sublimatrice : les parkas perforées ainsi que les tops ajourés en mailles.
Véronique Leroy Spring Summer 2015 : la bourgeoise déclassée
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