Inspirée par les paysages changeants d’un ciel d’azur, la collection d’Issey Miyake donne une leçon de savoir faire à travers l’approche évolutive de sa technique du « 3D Steam Stretch ». Grâce à cette technologie, les pièces Miyake comportant des motifs en fibres élastiques de prime abord invisible, se transforment sous l’effet de la vapeur en des pièces en 3 dimensions décuplant volumes et perspectives. De ces multiples formes et reliefs, la collection transporte la silhouette féminine au grès des vents, flottant à la surface des mers et ondulant entre plaines et collines.
Ouverte sur la performance live de Ei Wada, la collection exprime une certaine fragilité en imposant d’abord le blanc comme unique couleur. Les motifs 3D n’en ressortent que plus forts et jouent de la lumière pour mieux intensifier les contrastes. Puis vient ensuite toute une série de couleurs assez neutres inspirées par un ciel d’été. La tendresse d’un bleu s’accompagne ainsi du dynamisme d’un jaune soleil avant de tourner à l’orage et de tonner dans les noirs. Entre temps, la collection aura eu le temps de s’essayer aux carreaux dans des silhouettes assidûment graphiques. L’allure s’empare ainsi d’une envergure plus géométrique et contemporaine dont on déplore cependant l’aspect un peu bancal des propositions. Certe maîtrisé, l’exercice aurait peut-être mérité un plus grand développement en propositions. Quoiqu’il en soit, ces premières silhouettes traduisent une véritable dynamique estivale dont on apprécie la modernité.
Jouant ainsi sur les textures et la transparence, les créations apportent une atmosphère assez aérienne en parfaite harmonie avec la technicité de la maison. A la croisée des rêves, Issey Miyake réussit ainsi, à nouveau, l’alliage de la technique à la créativité pour mieux proposer des formes fantastiques.
On retiendra : les nouvelles perspectives offertes à travers le 3D Steam Stretch.
La pièce sublimatrice : les silhouettes à carreaux.