Alors que le débat sur les réformes de l’éducation nationale reste assez tonitruant en France, la maison Icosae en profite pour s'immiscer dans l'actualité de façon un peu impromptue. Loin de promouvoir l’uniforme pour tous, cette deuxième collection a de quoi surprendre, tant par le jeune âge de ses trois créateurs que par la fraicheur de ses silhouettes. Dernièrement sortis eux même de l’école, les trois créateurs cherchent à rendre hommage, non sans humour, à ce passage obligatoire dans la vie d’un homme.
Que l’on soit le premier de classe, le cancre, le teigneux ou le bad boy, chaque personnalité se retrouve représentée dans les traits de la collection. L’esprit quelque peu juvénile de la saison s’empare ainsi de la silhouette pour mieux lui laisser une part d’insouciance. On s’y retrouve, et l’on repense, avec une certaine nostalgie, à ces années parfois pénibles mais toujours riches en apprentissages.
Avec un bon esprit vintage, Florentin et Valentin Glemarec ainsi que leur ami Anthony Hor arrivent à jouer sur les incontournables classiques d’une cour de recré. Entre le Petit Nicolas et l’Elève Ducobu, l’homme Icosae s’amuse de son image et virevolte entre une attitude irréprochable et un pas désinvolte pour mieux marquer sa quête d’identité. Des petites lunettes de vue aux bonnets d’âne il n’y qu’un pas.
La collection se structure ainsi dans une gamme de shorts et de chemises multiples. Très présentes, ces deux pièces sont la parfaite représentation du petit écolier. Il ne manque plus qu’une paire de grosses chaussettes montantes et l’allure des années 30 s’y verrait complète. Au lieu de cela les créateurs préfèrent moderniser l’allure dans des volumes plus généreux et confortables. L’intonation sportswear ne s’en fait que plus grande.
Assez graphique, la ligne dévoile également une grande richesse visuelle tant au niveau des matières utilisées que des coupes appliquées. Les créations en trompe l’oeil procurent ainsi des effets de superpositions et décuplent la force des contrastes. De cette asymétrie naissante apparait une véritable volonté de dessiner l’allure dans une attitude très linéaire. Que ce soit sur un T-shirt, une jambe de pantalon, ou à travers le tartan, les lignes se retrouvent partout. Une façon plutôt originale de symboliser l’aspect quadrillé d’un cahier. Dans cette démarche d'utiliser trop de matières différentes, la collection se perd dans une quincophonie maladroite. A trop se disperser la concentration s’égare! On préfère ainsi l’approche plus humoristique, voire abstraite, des broderies qui dissimulent ici et là un bon 10/10 ou un gribouillage en guise de signature parentale?
A la vue de ce travail, il est certain que le conseil de classe ne peut qu’admettre ses encouragements en attendant de valider son passage en année supérieure au prochain semestre.
On retiendra : le petit écolier qui s’exprime avec naïveté et modernité.
La pièce sublimatrice : le T-shirt blanc et rouge avec le fameux gribouillis.