Pour son premier défilé masculin au sein de la Fashion Week Parisienne, Andréa Crews s’inspire de la capitale française et de son attrait touristique. Appareil photo autour du cou ou grisgris à l’image de la tour Effel en guise de collier, la créatrice use et abuse des clichés du tourisme parisien. Paris n'a jamais ainsi porté aussi bien son titre de première destination touristique mondiale.
C'est avec une certaine audace que la créatrice Maroussia Rebecq présente sa nouvelle collection en plein cœur du palais de Chaillot. Lumière rose tamisée, et décor géométrique en plastique se laissent observer bien avant le commencement, puis viennent les premiers modèles et leurs silhouettes ultra-sportives. Au détour d'un passage arrive Maluca qui, après un petit tour du podium, se lance dans une représentation musicale de son propre répertoire. A l'accent très hip-hop-électro, le ton est ainsi donné.
Connue pour son extravagance, Andrea Crews ne dément pas la règle et affirme, dans un certain tourbillon unisexe, l'extravagance de son univers. Crops-tops, jupes longues, bombers et T-shirts oversizes se succèdent dans une mouvance seapunk forte de ces impressions très graphiques. Bien qu'inspirées des touristes qui arpentent quotidiennement Paris, les silhouettes n'en sont pas pour autant dénuées d'un certain esthétisme. Oubliez donc les sandales-chaussettes, chez Andrea Crews ce sont avant tout les baskets requin ou les claquettes. Mises en association avec un short en coton resserré à la taille par un élastique, la créatrice privilégie le confort du corps. Après une halte sur le parvis de la tour Eiffel, la collection multiplie les visites culturelles, et s'arrête dans un musée pour en faire ressortir de longues tuniques arborant des oeuvres, en hommage à de grands peintres comme Van Gogh ou encore Matisse. L'art de la référence façon Andrea Crews manipule le patrimoine français avec une aisance des plus complaisantes.
Le sens quelque peu esthète de la collection apporte une vision idéale au dressing du parfait touriste. Cependant, les propositions que l'on retrouve restent assez loin de pouvoir séduire une majorité. Elles concernent davantage les irréductibles amateurs de la maison qui viennent ainsi esquisser leur besoin d'excentricité.
On retiendra : l'esprit toujours très engagé et la dégaine nonchalante que l'on retrouve dans ce vestiaire des plus sportswear.
La pièce sublimatrice : les tuniques aux impressions de tableaux.