A l’aube de son onzième défilé de prêt-à-porter féminin, la maison Aganovich a ouvert, lors de la dernière Fashion Week masculine de Paris, une nouvelle parenthèse de son histoire. En lançant sa première collection uniquement dédiée à l’homme, Nana et Brooke poussent les frontières de leur univers créatif vers de nouvelles limites. Comme pour la femme, l’homme se dote d’un vestiaire construit dans une approche à la fois douce et mystérieuse. Inspirée par les poèmes de Joseph Merrick, plus connu sous le nom d’éléphant man, la collection se base sur des vêtements d’ouvriers, qu’elle développe dans une approche plus aristocratique de la silhouette. Les costumes trois pièces se déploient ainsi en harmonie avec des pantalons carottes que l’on aime associer à un chapeau melon, des bottines en cuir ou une canne dans laquelle se cache une petite fiole d’absinthe. Cette allusion tailoring à la touche bien britannique n’en est pas pour autant guindée. La collection fait preuve de beaucoup de décontraction dans les volumes utilisés. Les pantalons restent larges et le haut se structure de superpositions. On aime ainsi porter un tablier par dessus une chemise en nid d’abeilles. On remarquera également le travail relativement arrondi des vestes, tant au niveau des épaules que des cols. Cette approche donne une allure plus cocooning à la silhouette et témoigne à nouveau de ce penchant quelque peu historique. Preuve d’une certaine complémentarité avec sa ligne femme, la silhouette en lin s’entiche de quelques empiècements violets en référence aux dernières collections féminines. En dehors de ces couleurs on retrouve, comme à l’habitude, beaucoup de noir et de blanc permettant de souligner l’importance des bleus de lectoure. Le clown, véritable symbole de la maison, n’est pas oublié et se retrouve imprimé sur des sweats à capuche. Pour la petite histoire, ce clown a été dessiné par Nana quand elle avait 18 ans et prend aujourd’hui tout son sens.
On retiendra: l’inauguration de la ligne homme et son approche décontractée et élégante à la fois.
La pièce sublimatrice: les chemises en nid d'abeilles et les pantalons.