Pour l’automne-hiver 2014, Guillaume Henry imagine l’homme Carven en proie à la vision obscure de l’Amérique des années 30. Mis en scène autour de deux billards américains, le défilé alimente une atmosphère en référence à l’influence du grand banditisme de l’époque. L’élégance portée par les membres de ces mafias se retrouve directement dans le travail des costumes. On y verrait presque une certain allégorie au Parrain dans une version revisitée et plus contemporaine. On aime la rigueur, mais on ne l’assume pas entièrement. On préfère la dépareiller avec des pièces plus urbaines pour se donner une allure moins guindée. Bonnet sur la tête, on associera ainsi une veste coupée court avec un pantalon à pinces. Les plus téméraires opteront d’avantage pour les sweats aux imprimés plus arty. Ces pièces sont l’occasion pour Guillaume Henry d’introduire une référence plus graphique à sa ligne en utilisant le travail de l’artiste Brassaï. Du reste, les coupes sont toujours très droites: les pantalons se portent la plupart du temps au dessus de la cheville et les vestes resteront courtes également. Aux looks relativement unis, la collection attache, comme à l’habitude, une grande importance au jeu de matières. Force de contrastes et de confort, on ose le velours et le tartan pour mieux divertir le regard. Par la même occasion, le cuir se fait chemise et dégage des pièces aux finitions élastiques pour donner plus d'importance au sportswear dans la ligne. La partition plus mature présentée dans la collection donne ainsi le change à un homme raffiné qui, bien que sombre, joue d’une élégance à la fois virile et contemporaine.
On retiendra: le caractère plus sombre de la collection, son attachement aux matières et sa dimension faussement habillée.
La pièce sublimatrice: les chemises à la base élastique.