Cultivant avec goût une approche aussi douce que mystérieuse, Nana et Brooke, les deux créateurs de la Maison Aganovich donnent vie à une femme nonchalante, cherchant timidement à libérer la pureté qu'elle renferme en elle. Les influences médiévales se font ressentir dès les premiers passages avec la présence de nombreuses couches de vêtements. Certaines silhouettes donnent également l'impression de supporter un corset afin de marquer au mieux la taille et les hanches. Que l'on se rassure, il s'agit juste d'une apparence. L'objectif ici reste tout de même le bien être et le confort. La grande variété des matières et la noblesse qui les accompagne y est ainsi tout à son avantage. On notera le caractère royal des imprimés et la vivacité des rouges qui rappellent directement le dessin de la grenade présent sur l'invitation du show. Mis à part ces deux excentricités, les couleurs restent neutres en convoitant d'avantage les noirs, les blancs et les teintes sable. L'unicité de ces couleurs et des matières permet de s'attarder sur les coupes qui sont bien là l'élément fondateur de la collection. Travaillées sous la forme de kimono, elles habillent et enferment le corps dans un travail de précision alliant volumes et cintrages. Peut-être un peu lourdes pour un été, les silhouettes se composent de pièces complémentaires. Les contrastes n'y sont que renforcés. Les pantalons larges tailles hautes se portent ainsi avec des tops, limite moulants, donnant l'illusion d'une combinaison. Les vestes, très amples, jouent quant à elle avec les mouvements pour agrémenter le tout d'une sensualité pleine d'allégories. Adepte du mystère qui est le sien, la femme Aganovich joue ainsi, pour ce 10ème défilé, la carte d'une hérésie cachée entre tourmentes et envies.
On retiendra: la noblesse des imprimés, et la personnalité de la maison qui se dégage de ces nouveaux modèles.
La pièce sublimatrice: clairement les silhouettes blanches.