Mettant au devant de la scène de nouveaux créateurs et de là, de nouveaux succès, le Festival de mode et de photographie de Hyères entame sa 27ème édition dans un complexe cosmopolite qui lui est cher. Travaillant autour de la femme et de l’homme, on retrouve ainsi dix créateurs aux origines multiples. Réel tour du monde, le Festival fait son plein en Australie, en Suisse, en Belgique, en Estonie, en Finlande ou encore au Canada, au Royaume-Unis, en Argentine et en France. Imposant leur univers et leur savoir faire l’ensemble des créateurs s’affronte ainsi en final afin de gagner l’un des prix mis en jeu ; à savoir le Grand Prix du jury L’Oréal Professionnel (doté d’une bourse de création de 15.000 euros), le Prix Première Vision (doté d’une bourse de 10.000 euros) et le Prix du public et de la ville d’Hyères. Ouvrant le défilé de présentation des collections au public et aux professionnels, Lucas Sponchiado met en avant une collection femme pour représenter la Belgique. Tout juste diplômé de l’École supérieur de La Cambre de Bruxelles, Lucas Sponchiado a complété sa formation par des passages au sein de maisons réputées comme Balmain ou Gaspard Yurkievitch. Inspiré par la multitude du monde qui l’entoure, le créateur mise sur des bases d’architecture pour parfaire la silhouette féminine. De là apparaissent beaucoup de détails et de découpes, notamment au travers de customisations. La transparence et les superpositions se font récurrentes pour adoucir l’allure et faire ressortir tout ce jeu de détails. On retrouve ainsi beaucoup de bodies hyper structurés aux lignes énergiques en contraste avec des robes plus vaporeuses pour dégager du mouvement. Reliant l’élégance au corps, Lucas Sponchiado affirme une liberté digne de notre époque.
Originaire d’Anvers, Narelle Dore est diplômée depuis 2008 de la Royal Academy of Arts. Cette deuxième collection femme, qu’elle a entrepris, cherche à exprimer une forme de fragilité et de spontanéité naturelle issue de la beauté innée de chaque femme. Au caractère très ethnique, la collection révèle cette métaphore dans un dévouement prononcé à la couleur. Habillées de soie fluide, les mannequins sont également le support de pièces combinant aussi bien des fils tissés que des dentelles au crochet ou en macramé. Véritable symbiose entre la nature, l’énergie féminine et le cristal - élément d’inspiration premier pour la créatrice - la collection s’anime autour d’un message fort et emprunt d’une grande philosophie.
Représentant l’Argentine, Paule Selby Avellaneda est diplômée de stylisme à la Royal Academy d’Anvers et de management à l’Institut Français de la Mode de Paris. Portant elle aussi son inspiration dans une thématique environnementale, elle cherche à répondre, via cette collection, à imaginer une vie où l’on devrait utiliser de gros icebergs pour refroidir les grandes villes polluées. Question farfelue certes, mais ouvrant une source d’inspiration très festive à la créatrice. Elle utilise ainsi uniquement des matières plastiques synonymes de recyclage, auxquelles elle ajoute des bandes réfléchissantes ou des leggings en lycra pour illuminer d’autant plus la silhouette. De ce jeu de matière naît une protection totale à l’eau. Ainsi, jupes en latex, perfectos en PVS ou robes holographiques, tout est mis en avant pour apporter une touche très futuriste à la collection. Emprunt de gaieté, la collection témoigne ainsi d’une belle combinaison qui, dans des coupes classiques, met l’accent sur une vision futur d’un dressing féminin.