Période faste dans le milieu de la mode, chaque début d'année voit se succéder tout un lot de Fashion Week en des temps records. Après celle de Milan et de Paris pour l'hiver masculin 2012, c'est la ville de Madrid qui impose sa créativité au travers 5 jours de défilés. Fashion Week bien moins connue, c'est tout de même pas moins de 56 créateurs qui se sont enchainés les uns après les autres afin de dresser ce qui sera le vestiaire masculin et féminin de l'hiver prochain. Petit état des lieux de ce qui s'y est vu. Comme pour l'été 2012, on retrouve une explosion de couleurs dans les créations d'Agatha Ruiz de la Prada. Des turquoises, des oranges, des verts anisés, mais surtout des rouges et des roses défilent ainsi les uns après, ou les uns avec les autres afin d'apporter gaieté et joie de vivre dans une période un peu plus morose. C'est d'ailleurs ce rouge vif que l'on retrouve préposé à la saison. En témoigne la ligne AA d'Amaya Arzuaga ou encore Roberto Torretta qui accorde également une part belle aux bleus électriques. On retrouve toute cette gamme de bleus chez d'autres maisons comme Devota & Lomba ou encore Juanjo Oliva.
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| Agatha Ruiz de la Prada |
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| Images Gauche et Droite AA Amaya Arzuaga / Centre Roberto Torretta |
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| Image Gauche Roberto Torretta / Centre Juanjo Oliva / Droite Devota & Lomba |
Cet attrait pour la couleur touche ses extrêmes chez Maria Escoté qui utilise le fluo dans un véritable coup de folie. Effets psychédéliques assurés !
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| Maria Escoté |
En opposition à ces images vives, Lemoniez aborde la couleur avec beaucoup de douceur et de délicatesse en la mixant à des touches très fines et discrètes telles que celles que l'on retrouve sur les lèvres des mannequins. De là, il part dans un jeu de noir et de blanc très agréable qu'il associe à des coupes minimalistes.
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| Lemoniez |
On retrouve ce même procédé chez David Elfin qui insuffle, comme toujours, un vent de modernité et de créativité dans des pièces résumant en soi une véritable dualité. Personnellement on devient de plus en plus addicte de ce véritable talent.
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| David Elfin |
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| David Eflin |
A l'univers bien différent, les créations d'Ana Locking ont elles aussi su se faire remarquer. A la touche bien colorée, on s'amuse de ce côté "bourgeois" complétement décalé jouant aussi bien sur les codes que sur les matières.
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| Ana Locking |
Au niveau des imprimés, bien que plus nombreux qu'à Paris et Milan, ils restent relativement discrets. Nos préférences se portent sur la collection de Martin Lamothe, qui dans un jeu de symétries mise sur des thématiques assez cataclysmiques.
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| Martin Lamothe |
Carlos Diez ne nous laisse pas en reste et propose toute une palette de formes géométriques que le créateur met en scène dans des coupes larges pour émettre un effet de perspective dans le mouvement.
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| Carlos Diez |
Loin des couleurs et des imprimés, les matières, elles aussi, occupent une place d'importance dans les collections. Beaucoup de cuir sont ainsi au rendez vous comme le prouve Francis Montessins. Dans la même perspective que Milan et Paris, les matières phares de la saison comme le velours ou le satin sont également présentes. River William ou Ixone Elzo en sont le parfait exemple. D'ailleurs, Ixone Elzo en profite pour exposer une collection des plus détonante...
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| Images Gauche et Droite River William / Centre Francis Montessins |
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| Ixone Elzo |
De cet esprit complétement décalé, on peut aussi parler de Léandre Cano ou de David del Rio qui apprivoisent des associations ou des créations très expérimentales.
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| Léandre Cano |
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| David Del Rio |
Alliant mailles et associations improbables, Mercedes Castro nous transpose dans une atmosphère très "pro SDF" en déclinant la maille sous toutes ses formes et dans des agencements dès plus douteux.
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| Mercedes Castro |
A la prise de risques moins prohibant que la saison estivale 2012, ce nouveau numéro de la Fashion Week de Madrid œuvre à nouveau pour la reconnaissance de travaux de recherches et de créations. Misant sur des classiques des vestiaires masculin et féminin, Madrid s'entiche de jeux de longueurs et de drapages tout en détournant de leur sens premier les créations. Même si on retrouve les grandes tendances des Fashion Week disposant d'une influence mondiale, Madrid tire son épingle du jeux dans des créateurs plus expressifs qui n'ont pas peur de contrer la crise d'une façon bien moins conventionnelle.
Images via Vogue.es